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le 29 mai, la Fesefa (fédération des employeurs des secteurs de l’éducation permanente et de la formation des adultes) organisait son assemblée générale annuelle, à l’issue de laquelle était proposée une conférence-débat ayant pour thème « Vie associative : un contre-pouvoir est-il encore possible aujourd’hui ? » ; Jean Blairon avait été sollicité pour y intervenir.


Comme nous l’avons dénoncé déjà dans plusieurs analyses, on peut s’inquiéter de voir surgir, à une cadence de plus en plus élevée, des projets politiques divers et variés qui ont pour effet concomitant l’assimilation du monde associatif au monde marchand (par exemple, les récents projets de loi de code unique des sociétés du ministre Geens et du « travail associatif » de la ministre De Block).


Philippe Mahoux connaît bien la spécificité du travail associatif, pour l’avoir longuement côtoyée à travers son travail parlementaire, mais aussi pour s’y être très activement impliqué personnellement, notamment en fondant ou en présidant plusieurs associations. Le projet de Code unique des sociétés lui fait identifier plusieurs controverses sur l’identité associative ; controverses qui ne sont pas neuves, mais qui cette fois menacent d’être tranchées au détriment non seulement de l’associatif, mais aussi de la société.

  • Une controverse sur le sens de la « simplification » ;
  • une controverse sur le sens de la « modernisation » ;
  • une controverse sur la vision que l'on peut avoir de la production de la société ;
  • une controverse sur ce qu'on entend par « professionnalisation ».

Il pointe également plusieurs révélateurs préoccupants qui indiquent le lent mais redoutable cheminement du travail de sape contre cette identité associative et il invite à la vigilance critique.

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A l’heure de ce projet de réforme, il n’est pas inutile de jeter un regard vers le passé et de se rappeler de quelle histoire la vie associative est le produit.

C’est en remontant au XIXè siècle, à la Commune de Paris, mais aussi en amont, dans les années 1830, qu’on constate la maturation de l’esprit associatif. Il se déploie dans plusieurs directions, comporte plusieurs dimensions. Politique, avec les « clubs », héritiers de la Révolution française, qui se voulaient lieux de débats ouverts au peuple ; sociale, avec les « associations ouvrières de production », qui cherchaient à échapper à l’emprise absolue des patrons ; économique, avec la création des premières coopératives. C’est cette vie associative qui fut à l’origine des syndicats et des mutuelles, si malmenés aujourd’hui. Et elle fit aussi l’objet de fortes tentatives pour la brider.

L’histoire montre à quel point la vie associative est irréductible à une logique capitaliste, qu’elle a toujours combattue, et que le moindre des paradoxes ne serait pas, aujourd’hui, de l’y assimiler.

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Le rôle de contre-pouvoir politique, économique et social des associations doit être réaffirmé, protégé et développé. Dans sa contribution à ce dossier, Jean Blairon développe cet aspect en se référant à la théorie des champs de Pierre Bourdieu.

Pour Bourdieu, le champ du pouvoir est un champ qui traverse tous les autres. L’enjeu est la lutte pour le pouvoir sur l’État, qui a la propriété d'agir dans tous les champs, notamment par le droit.

Le pouvoir, quel qu’il soit, ne peut réussir à se faire reconnaître en se légitimant lui-même ; il a besoin d’être légitimé, notamment par ceux qui possèdent une position dominante dans les divers champs (et qui luttent eux-mêmes pour cette place de dominants), mais aussi par les dominés. C'est notamment la mise au jour de ce mécanisme de légitimation (et d'autres) qui permet de poser autrement le problème de la vie associative et celui des réformes qui entendent la moderniser.

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Pierre Bourdieu a montré que pour pouvoir analyser le monde social, il faut analyser aussi les instruments d’analyse, car ils constituent souvent ce qu’il appelle des « théories spontanées », dont l’analyste n’est que peu conscient mais qui font écran à sa compréhension du monde social. Lorsqu’on parle de lutte contre la pauvreté, comme dans d’autres domaines, il s’agit donc de questionner d’abord la théorie qui pourrait colorer d’emblée le propos avant même le début de la réflexion.


On sait que le secteur associatif est un acteur important sur la scène socio-culturelle : porteur d'innovation, développeur de services qui ne seraient pas assurés sans lui, générateur d'emplois. Pour autant, une vision suspicieuse du secteur se développe ici ou là, biaisant peu à peu le rapport Etat/associations, pourtant bien balisé par la Charte associative. Ainsi, le terme « polysubventionné » est désormais d'usage courant dans certaines administrations, à propos d'associations qui ont développé leurs activités dans plusieurs champs.


C'est au départ d'une observation sémantique que cette analyse déplie l'identité associative : observation sémantique du décret de 2003 régissant les actions d'éducation permanente et de son exposé des motifs, en l'occurrence. Et notamment, de la notion de transversalité, définie comme la « diversification des champs d'activité des associations et des problématiques sociétales qu'elles abordent ».


Cette analyse, consacrée aux enjeux du secteur de l’éducation permanente, rappelle que la production de connaissances dans l’axe 3,2 est référée sans ambiguïté à l'engagement de tous dans la construction d'une société démocratique : l'article 1er du Décret de 2003 l'énonce clairement.

La présente analyse est consacrée aux enjeux de ce secteur et explore la dimension du « public » visé par l’éducation permanente.

Jean Blairon et Jacqueline Fastrès réinterrogent les glissements de mots qui sont intervenus avec le Décret de 2003, qui ont remplacé les termes « adultes » et « travailleurs » par « public défavorisé » ; « public issu de milieux populaires ».


Discipline exigeante, l'analyse institutionnelle permet de mettre en avant la double face des institutions : créativité, mobilisation, production de la société, d’une part ; scène ou peuvent se jouer des abus de pouvoir ou sévir une transversalité négative d’autre part. Il s’agit pour les institutions d’être vigilantes et critiques quant à leur propre fonctionnement. Si nous avons régulièrement montré la face instituante et la force créatrice des associations, nous avons aussi pointé les dérives possibles, les pathologies institutionnelles qui peuvent les frapper. La pathologie que Jean Blairon met en avant aujourd’hui, heureusement rare, est particulièrement redoutable.

 
Jean Blairon a été sollicité par le mouvement Lire & Ecrire pour participer à un séminaire portant sur la question suivante : « Quelle conception de la qualité pour une éducation non formelle des adultes ? » (Saint-Gilles, 18 novembre 2016). Le séminaire souhaitait notamment étudier les conséquences possibles de la volonté de l'Union européenne « d'améliorer la formation en promouvant une certaine conception de ce qu’est une « bonne formation, c’est-à-dire des objectifs et normes vers lesquels les opérateurs doivent tendre ».

La question précise qui était soumise à Jean Blairon était la suivante : « La qualité au sens de l’éducation populaire, ça veut dire quoi ? En quoi cette question peut-elle mettre en tension les associations/acteurs de l’éducation permanente ? »


Jean Blairon a été invité par les Femmes Prévoyantes Socialistes à une journée de réflexion sur le militantisme, le 7 décembre 2017.
Les questions qui lui ont été adressées s'inscrivent dans le nuage de mots suivants : militance, aujourd'hui, mouvement, générations différentes, renouvellement...
Considérant que la manière de se poser des questions contient trop souvent des prémisses de réponse, il considère qu’il est nécessaire d'identifier ces prémisses ; les questions telles qu'elles lui apparaissent s'expriment en effet souvent dans les mots de la domination.


La Santé en action est une revue trimestrielle d’information, de réflexion et d’aide à l’action sur la prévention, l’éducation pour la santé et la promotion de la santé. Editée par Santé publique France, ce magazine de 52 pages est destiné aux professionnels de la santé, du social et de l’éducation (http://inpes.santepubliquefrance.fr/SLH/articles/index.asp).


« Comment mettre en place un réseau afin de faciliter l’inclusion de la personne handicapée ? »
Tel était l’objet du colloque organisé à Charleroi les 20 et 21 octobre 2016 par l'association Horizon 2000 (Association d’information, de communication et de démystification de la personne handicapée).


L’organisme d’éducation permanente FEC (Formation, Education, Culture) organisait ce 21 octobre 2016 un séminaire sur le thème Débat sur les articulations des syndicats avec les autres mouvements sociaux : quelles convergences ? – Jean Blairon était invité à y participer.

A la suite de M. Wieviorka, il lit ces mouvements sociaux comme associés à des luttes qui les justifient, luttes qui sont de natures et de niveaux différents.


Cette analyse a été réalisée à la demande de la FESEFA (Fédération des Employeurs des Secteurs de l'Éducation permanente et de la Formation des Adultes). Des inquiétudes pèsent sur le secteur, soumis à de fortes exigences en matière de production tout en n'étant pas subsidié à hauteur de cette quantité de productions. Un moratoire gèle désormais toutes les nouvelles reconnaissances.


La question est posée par une institution résidentielle pour personnes handicapées ; elle mobilise tous les membres du personnel via des « journées de réflexion » auxquelles sont invités à participer des intervenants extérieurs.
Nous avons été sollicités pour nous joindre à cette expérience et avons accepté de nous y impliquer. Notre point de vue est celui de l'analyse institutionnelle, que Thierry Gaudin définit très simplement comme l'application à elle-même, par l'institution, du « connais-toi toi même » de Socrate.


Le 18 décembre 2015, les institutions éducatives St-François et Ste-Claire d'Assise, accueillant des jeunes et des adultes handicapés, ont fêté leur Directeur Général, Philippe Servais, qui part à la retraite. Le personnel a souhaité organiser une journée de réflexion pour ponctuer l'événement.


Le 1er décembre 2015, l'AMO Plan J de Tubize a organisé pour fêter ses vingts ans un « débat politique » ayant pour thème « L'aide à la jeunesse aux temps des crises financières et de l'austérité ».
Jean Blairon avait été invité à conclure les échanges. Il livre ici une retranscription de cette intervention qui n'évoque pas le concret de ceux-ci, mais essaie de monter en généralité par rapport à la question posée.


Une association d'éducation permanente agréée en axe 1 nous a sollicitée pour analyser avec ses membres une difficulté que rencontrent aussi d'autres associations : la difficulté de faire un travail d'éducation permanente avec des publics en voie de désaffiliation de plus en plus prononcée. Cette analyse est le fruit d'une première rencontre avec les participants de cette association.


Le 20 octobre 2015, le service de Cohésion sociale de Molenbeek organisait une journée de réflexion et d'échange sur la thématique suivante : « Travail communautaire : pratiques et perspectives ». Cette analyse est la retranscription de l'intervention de clôture qui nous a été confiée.


Des no-selfies? ont été réalisés au départ d'interviews menées à RTA par Sophie Ceusters, Bernard Detré et Jean-Pol Cavillot. Seuls des extraits les plus significatifs de ces interviews ont été sélectionnés pour le montage. Mais les analyses de leur situation réalisées par les personnes elles-mêmes dans ces entretiens étaient tellement riches et consistantes que nous n'avons pas pu ne pas les prolonger en tentant d'en rendre raison à plusieurs niveaux (ceux des pratiques, des politiques, du modèle de société), dans une série de Chroniques de l'Etat « social » « actif ».

La sociologie de l'émancipation rappelle qu'il appartient à des institutions, situées au-dessus de la mêlée des intérêts et des passions, de prendre des décisions de valorisation (par exemple : l'accès à une aide) d'une manière fondée en justice.

 
A l'initiative de Laurette Onkelinx, une journée d'étude a été consacrée le 9 septembre 2015 au service citoyen : « Le Service citoyen : quels enjeux, quelles perspectives ? ». La journée a été présidée par Jean-Marc Delizée.

Analyse 2014 - publication 2015

La revue Les politiques sociales consacre sa première publication 2015 à la question suivante : « Etats, associations, entreprises sociales : vers de nouvelles logiques de financements ? ». La contribution de Jean Blairon, partant du recours de plus en plus fréquent à l'appel à projet auquel l'associatif est soumis, s'interroge sur « l'utopie à l'envers » (selon l'expression de Loïc Wacquant) dans laquelle il risque d'être entraîné.