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Un certain nombre d’initiatives citoyennes se développent depuis quelques temps pour manifester une opposition ou une résistance aux diverses mesures qui, conjuguées, contribuent à mettre à mal l’État de droit. Si on peut saluer ces mobilisations citoyennes, il est pourtant nécessaire de garder une vigilance critique à propos de la manière de se les représenter.

On lit souvent que le recul de la gauche, qui s'observe dans de nombreux pays européens, est dû au fait qu'elle a perdu « la bataille culturelle ». Le plus souvent cette bataille culturelle est représentée comme une lutte de « camps » (les représentations et valeurs des dominants ; celles des opposants) et ses protagonistes sont décrits soit comme des agences (les universités, les médias) soit comme des agents (les intellectuels, les artistes).


Dans une précédente contribution, Philippe Mahoux évoquait la déstructuration de la vie associative que ne manquerait pas de produire la loi de réforme du Code des sociétés du Ministre Geens, en assimilant l’associatif à l’entreprise. L’une des controverses qu’il mettait en lumière concernait la vision de la « professionnalisation » supposée nécessaire du travail associatif, vision condescendante s’il en est puisque cette professionnalisation semblait ne pouvoir venir que du Saint Graal entrepreneurial, via par exemple, le mécénat de compétence.

Voilà qu’un autre projet de loi vise quant à lui à… déprofessionnaliser l’associatif. Il s’agit du projet de loi de la Ministre Maggie de Block sur le « travail associatif », permettant à une série de catégories de personnes (mais pas aux plus démunies) de prester un travail échappant à toute cotisation sociale et à tout impôt. C’est là une autre manière de déstructurer le travail associatif, en mettant à mal tout ce qui a justement contribué à structurer l’emploi dans ce secteur, qui en est un important pourvoyeur, ne l’oublions pas. Mais au-delà, cette loi constitue surtout une attaque des acteurs du contre-pouvoir que sont les associations. Cette attaque est opérée en y introduisant précisément ce travail déstructuré.

Il n'échappera à personne que la fausse professionnalisation (par la marchandisation) et la déprofessionnalisation, pour opposées qu'elles semblent être, concourent à la même entreprise de destruction.

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Force est de reconnaître que nous assistons dans notre pays à une déconstruction systématique des protections et droits sociaux, à un « renversement de toutes les valeurs » qui ont conduit à ces conquêtes.
Il peut être utile dans ce contexte de s'intéresser aux façons qui sont employées par les auteurs et les partisans de cette déconstruction pour justifier leurs actions, pour rendre « acceptables » leurs « réformes » aux yeux de ceux qui n'en profiteront pas, voire s'en trouveront lésés ou détruits.


Un « point Godwin » est « attribué » à un débatteur lorsque, considéré comme à court d'arguments, il discrédite une idée en la référant au national-socialisme ou au nazisme. Certes, la référence au national-socialisme a pu être activée abusivement. Mais il ne faudrait pas, à l'inverse, en arriver à un retournement du type « plus un argument fait référence au national-socialisme, moins il est pertinent ».


La place du travail dans la société et les positionnements qui sont pris à ce propos font l'objet aujourd'hui de fortes controverses. Dans celles-ci, la gauche fait l'objet d'attaques des plus paradoxales : à la fois, elle défendrait le travail dans un combat obsolète, et elle aurait perdu le sens de la valeur travail. Cette confusion demandait une tentative de clarification, à laquelle se livrent ici Philippe Mahoux et Jean Blairon.


Les fêtes de Wallonie ont été l'occasion pour la RTBF de proposer deux débats autour de la question de l'identité wallonne. Le premier confrontait Philippe Suinen, ancien administrateur général de l'agence wallonne à l'exportation (Awex), président de la Chambre de commerce et d'industrie wallonne (CCIW) et Christine Mahy, Secrétaire générale du Réseau Wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) ; le second mettait face à face Olivier de Wasseige, directeur général et administrateur-délégué de l'Union wallonne des entreprises (UWE) et Thierry Bodson, Secrétaire général de la FGTB wallonne.


Dans une récente analyse, nous avions donné une lecture possible de la crise politique consécutive à la décision de Benoît Lutgen de rompre l'accord de gouvernement. Nous y avons tenté de chercher, au-delà des commentaires médiatiques qui constituent un premier formatage explicatif, quels autres formatages il conviendrait de dépasser pour comprendre ce qui a pu causer une telle crise politique.

Les missions locales de Saint-Josse et de Schaerbeek ont organisé le 8 juin 2017 une journée de concertation destinée aux travailleurs sociaux du secteur dit de l'insertion sociale et professionnelle à propos du sens de leur travail. La question qui était au cœur du projet était définie comme suit :

« Comment continuer à donner du sens dans le travail ISP tenant compte notamment du public et du repli communautaire. Mais aussi, tenant compte des obligations de résultats à atteindre au regard des moyens et des normes dont les travailleurs ISP disposent/sont soumis ».


L’annonce surprise, ce lundi 19 juin, par le président du CDH, de la décision de mettre fin à la participation de ses Ministres aux gouvernements régionaux et communautaire a suscité de nombreux commentaires médiatiques rivalisant dans les explications des raisons de la crise. Ces explications sont malheureusement souvent confinées à des métaphores un peu réductrices d’une part, au seul registre politicien d’autre part, ce qui contribue à en formater la compréhension.

Mais d’autres formatages, moins visibles, sont aussi à l’œuvre en filigrane, contribuant au brouillage des repères.


En 2016, le RWADE, le RWLP et RTA réalisaient ensemble une recherche commanditée par le Gouvernement wallon dans le cadre du Plan wallon de lutte contre la pauvreté ; cette recherche (Précarité énergétique et restriction du sens de la vie. Quels dispositifs d’action ? Etude sur l’évaluation et rationalisation des dispositifs d’accompagnement des publics en situation de précarité énergétique en Wallonie, novembre 2016) portait sur l’évaluation des dispositifs d’accompagnement destinés aux publics en situation de précarité énergétique. L’avis des bénéficiaires a été recueilli, puis, de manière symétrique, celui des professionnels. Un des constats posé par ces derniers était la nécessité de travailler davantage en réseau. Soit, mais comment ? Nous avons estimé utile de prolonger ce constat en interrogeant l’expérience de « bouts de réseaux qui marchent » qu’avaient faite deux services de terrain, une SLSP (le Logis Châtelettain) et une organisation de jeunesse environnementaliste (l’asbl Empreintes). Et il nous a vite paru évident que le modèle de travail en réseau qui était évoqué en filigrane de leurs descriptions était ce que nous avons nommé un « réseau de connexion ».
Au départ de ces expérimentations, nous avons tenté de pointer les éléments essentiels pour que « cela marche ».


Le thème de l'allocation universelle est de plus en plus souvent présenté comme incontournable et devient un argument électoral, comme dans la campagne présidentielle française pour le candidat Hamon. Mais il est aussi de plus en plus souvent présenté comme irrévocable, faisant partie du progrès en marche et nécessitant de se détacher des scories sociales d’un passé considéré par d’aucuns comme dépassé.


Emile Servais, administrateur de RTA, est décédé le 27 janvier 2017. Inspecteur Général Honoraire au Ministère de la Région Wallonne, Professeur Emérite à l'UCL, Ancien Président du MOC de la Province de Namur et de la Démocratie Chrétienne de l'arrondissement de Namur (1978-2004), il avait régulièrement collaboré aux recherches et analyses de RTA.


Le Gouvernement fédéral ne connaît plus de limites dans sa course anti-sociale et anti-services publics, dont les CPAS. Après l'arrêté ministériel autorisant le transfert de données personnelles de CPAS en CPAS sans autorisation de l'intéressé (via le Rapport Social Electronique), après l'extension de la conditionnalité de l'aide sociale via l'extension des « contrats d'intégration » ou Projets Individualisés d'Intégration Sociale (PIIS), après le Service communautaire au caractère « volontaire » mais imposé aux allocataires sociaux – sauf si les CPAS se refusaient à se prêter à une telle imposition –, il s'attaque désormais au travail social lui-même en en sapant le fondement : le secret professionnel.

 
Le 15 décembre 2016, les CPAS « fêtaient » leurs 40 ans. A cette occasion, c’est par une opération « sacs de couchage » que les militants du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) ont décidé de manifester leur protestation et leur résistance face aux évolutions inquiétantes des politiques sociales qui s’incarnent, notamment, dans les actions des CPAS.

La question de la mobilisation si ce n'est du militantisme est source de nombreuses interrogations aujourd'hui : est-ce toujours possible ? Comment faire ? Avec qui ? Qui doit prendre l'initiative ? Comment résister au découragement si ce n’est au fatalisme politique démobilisateur ?


Le projet de Réforme des CPMS portée par le « Pacte d'excellence », décrit dans l’avis n° 3 du Groupe Central ( http://www.pactedexcellence.be/wp-content/uploads/2017/05/PACTE-Avis3_versionfinale.pdf, pp. 266 et sq), ne laissait pas d’inquiéter les agents des CPMS. Des ambiguïtés y nécessitaient un examen attentif, afin de ne pas céder à une logique technocratique et managériale à laquelle l’enseignement n’échappe pas.


Dans son n° de décembre, l'Agenda interculturel (CBAI) se penche sur la prévention du radicalisme violent, et plus spécifiquement sur les méthodes de prévention basées sur le soupçon du danger. Nous avons été sollicités à propos de la question de la levée du secret professionnel pour prévenir le radicalisme.


Le 1er septembre 2016 entrait en vigueur une loi réglementant le titre et l’exercice de la psychologie. C’est Maggie De Block, Ministre de la Santé Publique, qui a porté cette loi, dont elle dit qu’elle « permet d’encore mieux garantir la qualité des soins de santé mentale à nos patients ».

Voire ! Anne Bienfait propose ici une analyse « de l’intérieur » des conséquences de cette loi, au-delà des déclarations d’intention dont celle-ci est porteuse.


La victoire électorale de Donald Trump aux Etats-Unis n’était ni attendue, ni désirée par la plupart des politiques en Belgique. L’homme d’affaires qu’il revendique d’être a d’emblée, dans son premier discours, mis en avant son intention d’exploiter le « potentiel énorme » des USA et du monde entier. Ce discours correspond pleinement au « nouvel esprit du capitalisme » décrit par Boltanski et augure, on peut le craindre, des régressions dans les conquêtes sociales et culturelles.


Coup de théâtre dans le ciel politique européen : la petite Wallonie s'oppose au CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), ce traité avec le Canada qui se préparait depuis des années. De nombreuses associations clamaient depuis longtemps leur refus de cet accord par trop inégal dont les dégâts sociaux ne manqueraient pas de se faire sentir, quoi qu'en disent d'aucuns. Et ce courageux refus, avant même qu'il ne soit prononcé officiellement, n'a pas manqué de susciter des commentaires puisant à une rhétorique particulièrement fallacieuse.


La manifestation nationale du 29 septembre est l'occasion de s'interroger sur le sens de ces mobilisations qui se répètent depuis deux ans. Car les protestations qu'elles portent ne se limitent pas à une opposition aux mesures anti sociales prises par le gouvernement fédéral. Plus transversalement, n'est-ce pas le rôle de l'Etat et son évolution préoccupante que les manifestants questionnent ? En 1993, dans son ouvrage La misère du monde, P. Bourdieu remarquait que nous entrions dans un régime politique où « la main droite ne sait plus ou, pire, ne veut plus ce que fait sa main gauche ».


Le 23 septembre 2016, le Centre d'Education Populaire André Genot (CEPAG) organisait un colloque sur le thème de « L'évaluation au travail. Efficace... pour qui, pour quoi ? ».
Il s'agissait de « faire le point sur l'évaluation et sa place dans les nouveaux modes d'organisation du travail, particulièrement dans les services publics et le secteur non-marchand ». La contribution demandée à Jean Blairon était de permettre de « réfléchir ensemble aux conséquences de la généralisation de ces pratiques sur notre modèle démocratique et ses valeurs ».


Après bien d'autres séismes sociaux, la fermeture de Caterpillar à Gosselies nous rappelle à quel point les « politiques d'emploi » héritées de la sixième réforme de l'Etat vont de défaite en défaite. Prenant appui sur le travail de synthèse critique que J.-L. Fabiani a consacré à l’œuvre de Pierre Bourdieu, Jean Blairon déconstruit les faux-semblants de la théorie de « l'Etat social actif ».


Le mouvement de grève de ce 24 juin, initié par la FGTB, s'inscrit dans une série de grèves que connaît le pays depuis plusieurs mois. Ces luttes sociales se heurtent à une bataille de sens, à deux niveaux : celui du bien-fondé des revendications (quel sens ont-elles ?), mais aussi celui du processus même de la grève (est-il toujours bien en phase avec son époque ?).

C'est sur cette seconde controverse que Jean Blairon se concentre. En effet, les attaques contre la légitimité (si ce n'est la légalité) du principe de la grève sont virulentes, du côté politique (Charles Michel allant jusqu'à qualifier de radicalisme l'attitude de la FGTB dans le cadre de cette grève), mais aussi du côté médiatique.


Le « Pacte pour un enseignement d'excellence » initié en 2015 par le Cdh clôture en ce mois de mai 2016 sa troisième phase. La Libre a consacré une série d'articles à cette réforme. La présentation « en avant-première », par ce quotidien, des chapitres essentiels du rapport du « Groupe central » semble avoir été réalisée pour colmater des fuites perturbatrices de ce rapport destiné au Gouvernement.