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La réforme APE prévue par le gouvernement wallon ne sera finalement pas votée sous cette législature. Elle a fait couler beaucoup d’encre, suscité de multiples inquiétudes dans les foyers et dans les services, mobilisé contre elle des milliers de personnes dans les rues de la capitale wallonne. Mais si ce vote est repoussé, il reviendra peut-être à l’ordre du jour dans quelques mois.


Le titre de cette analyse se réfère à l’ouvrage de John Dewey, Le public et ses problèmes, écrit en 1926. Si cet auteur est ici convoqué, c’est qu’il est frappant de constater que l’analyse qu’il y faisait des problèmes politiques vécus à cette époque résonne étonnement encore de nos jours, et que les principes de recul réflexif qu’il y proposait gardent toute leur pertinence.


Le secteur de l’aide à la jeunesse a vu changer son cadre décrétal avec l’adoption du nouveau Code de la prévention, de l’aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse du 18 janvier 2018. Le Code entre en vigueur en ce début 2019, et les arrêtés d’application sont finalisés ou en bonne voie d’élaboration.
Parmi les changements que le Code apporte figure une nouvelle disposition, affirmée comme un nouveau droit pour l’enfant : le « projet pour l’enfant » (articles 24 et 41 du Code). Il vise à « garantir son développement physique, psychique, affectif, intellectuel et social » et « (...) l’accompagne tout au long de son parcours dans le cadre de l’aide à la jeunesse ou de la protection de la jeunesse ». Il s’agira donc, pour les mandants, de formaliser dans un document spécifique les articulations des actions menées en faveur des jeunes dans le cadre de l’aide négociée ou de l’aide contrainte.



Les visées de cette nouvelle disposition sont positives : garantir une continuité dans les interventions, garder mémoire du parcours de l’enfant, permettre la co-construction de la stratégie d’intervention.
La mise en œuvre de cette disposition devant encore être précisée, Jean Blairon souhaite, dans cette étude, apporter un point de vue réflexif aux travaux menés en ce sens.
Il identifie trois controverses à prendre en compte pour éviter des retournements de sens ou des effets imprévus.
- une controverse effective sur le sens même du « projet » ; - une controverse sur son usage potentiel ; - une controverse possible sur son élaboration.

La première identifie l’enjeu micro-politique produit par cette introduction dans le Code ; les deux suivantes posent des questions de relations entre acteurs.

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Les gilets jaunes qui ont surgi à la une des médias depuis quelques semaines, tant en France qu’en Belgique, font couler beaucoup d’encre par plus d’un trait : la soudaineté du surgissement, l’ampleur de la mobilisation, tant en nombre qu’en durée, la variété des profils des manifestants, le refus de se structurer et d’avoir des porte-parole, entre autres. Beaucoup s’interrogent : s’agit-il d’un mouvement, au sens que donne à ce terme la sociologie de l’action ?

Jean Blairon pour sa part préfère relever les questions que l’action collective des gilets jaunes, quelle que soit la qualification qu’on lui donne, pose en référence à l’éducation permanente, appelant un exercice de réflexivité sur les engagements et les enjeux des associations dont l’éducation permanente est justement la mission.


Jean Blairon analyse ici les systèmes de justification avancés dans les émissions, très médiatisées chaque hiver, pour expliquer l’installation de l’aide alimentaire. Une étude de cas à propos des arguments charriés dans les chansons des Enfoirés montre trois systèmes de justification entremêlés et qui se renforcent mutuellement. Ces justifications mettent au centre l’inefficacité présumée des politiques structurelles comme allant de soi et y opposent l’impact d’une action (la leur) qui « au moins » fait quelque chose l’hiver. Elles ne remettent pas en cause les inégalités puisque les Enfoirés s’affairent à les atténuer. Elles n’hésitent pas non plus à manier le paradoxe de l’aide alimentaire en quelque sorte « contrainte ».


L’accès à la possibilité de s’alimenter n’est désormais plus garanti pour une partie de la population de nos pays pourtant riches. Mais quelle réponse politique ce problème reçoit-il ? De plus en plus, ce sont des circuits parallèles qui prennent le pas sur une réponse structurelle. Alimentés par les surplus divers (de la grande distribution, de l’agriculture, de l’Europe, etc.), ces circuits, parés des vertus de la bonne intention et de la lutte contre le gaspillage, constituent ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’aide alimentaire ». Ils deviennent de plus en plus synonymes de normalité ; en d’autres termes, ils « s’installent » comme non seulement acceptables, mais légitimes, actant le renoncement croissant à régler le problème de manière structurelle.


Si plusieurs paradigmes se sont succédé au cours du temps pour envisager la question de l’hygiène, ils ne se sont pas construits par hasard. Nous nous attacherons ici à voir sur quels type de rouages sociaux l’hygiène à contribué à jouer, et spécialement à partir du XIXè siècle. L’hygiénisme s’érige alors en doctrine centrale pour la gestion de la cité. Le retour d’épidémies et de la peur qui les accompagne, les progrès scientifiques et les découvertes médicales, le développement industriel sont des éléments qui encouragent son développement.


L’Afsca, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, est chargée de vérifier l’observance des normes d’hygiène dans tous les établissements publics où de la nourriture est servie. C’est le cas, aussi, dans les services de l’aide à la jeunesse qui hébergent des mineurs en danger (les SAAE), qui sont souvent de petites structures, à dimension familiale.


Jean Blairon a été sollicité par le Mouvement d'éducation permanente Présence et Action Culturelle pour participer à une réflexion critique sur l’émergence dans le secteur associatif d’outils d’animation qui se réclament de la méthodologie des « intelligences collectives ».


Une équipe de professionnels d'un service d'accompagnement de personnes handicapées adultes, le Service L'essentiel à Tournai, s’est livré, autour du thème « temps et institution », à un travail de séminaire qui a suivi plusieurs « mouvements » : une tentative de problématisation de la question ; une lecture de la problématique en termes d'analyse institutionnelle ; des études de cas menées en confrontant différents points de vue interprétatifs. La présente analyse fait retour sur ces mouvements successifs et tente d'en donner une lecture transversale.


Frédérique Van Leuven est psychiatre et collabore avec RTA dans le cadre de l’aide à la jeunesse. Son analyse balise ce qui permet la construction de l’autonomie dès le plus jeune âge. Elle définit d’abord ce qu’est l’autonomie et relève les paradoxes qui entourent l’abus de l’usage de ce concept dans diverses facettes de la vie, et spécialement pour les plus faibles. Fortement valorisée dans nos sociétés, l’autonomie est généralement considérée comme le contraire de la dépendance, ce qui est une erreur de point de vue.