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Les auteurs, Christine Mahy (Présidente du Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté) et Jean Blairon (Directeur de l'asbl RTA) ont été sollicités par la Revue Cosa Mentale, qui se définit comme « revue d'architecture et de résistance ». Cette revue « parle d’architecture. Non de sa fabrication pratique, ni de sa description objective. Elle parle de la pensée de l’architecture. Elle est une tentative pour restituer ce qui nous touche et nous fait réfléchir quand nous nous trouvons en face d’elle » (extrait de l'éditorial). Pour un numéro spécial « Architecture et modestie », et au départ de ce thème de modestie, les auteurs formulent et développent trois questions à destination des protagonistes du champ architectural :

  • Peuvent-ils faire preuve de retenue dans la manière de penser (de construire une « cosa mentale »), notamment par rapport aux effets produits par leur industrieuse création ?
  • Peuvent-ils dialoguer d'une manière non normative avec tous les groupes sociaux, et donc avec toutes les esthétiques ?
  • Accepteraient-ils une référence esthétique qui met au premier plan le contact authentique avec une population ?

Pour ce second numéro de la revue Avis à la population éditée par le CCR de Namur, la thématique choisie était la précocité éventuelle d’un contact avec l’art. Choisissant un « regard oblique », nous avons relu les expériences proposées dans ce numéro d’un point de vue éducatif. Le fossé semble infranchissable entre les enfants qui sont précocement façonnés aux choses de l’art par leur milieu familial et les autres, qui ne sont même pas conscient du fait qu’ils passent à côté de quelque chose. Cependant, tant une attitude normative (l’initiation forcée, par l’école par exemple, et creusant l’écart entre l’enfant et son milieu) qu’une attitude non normative (qui peut mener à de grave erreurs de jugement) présentent des risques, de même que l’optimum éducatif qui conduit à sur-stimuler l’enfant au nom de son épanouissement total, ou encore que le défaussement de l’apprentissage des adultes sur les enfants. Autant d’attitudes que combattent les expériences décrites dans ce numéro.


Nous avons eu l'occasion de participer, à dix jours d'intervalle, à deux moments d'exploration collective qui semblaient animés par une préoccupation commune : le 14 mai, le Ministère de la Communauté française invitait les opérateurs culturels namurois à une session des « Assises du développement culturel territorial en Communauté française » ; le 24 mai, un collectif d'associations, avec le soutien de la Communauté française, de la Province de Hainaut, de la Région wallonne et de la ville de Tournai entamait un séminaire  sur les « forces et les formes de résistance pour le développement local ».

Le Centre Culturel Régional de Namur a pris l'initiative d'une publication, « Avis à la population ». L'ambition, décrite dans l'édito du n°1, est de « rendre compte de l'actualité des secteurs associatifs, culturels et artistiques de notre région mais aussi des dynamiques qui animent des intervenants très différents, d'une association de quartier à un metteur en scène, d'un musicien à un groupe d'habitants ou d'un animateur de centre culturel à un scénographe urbain ». Le CCR a demandé à RTA de poser un « regard oblique » sur ces productions.

Culture et démocratie a récemment lancé un appel à réagir contre les intrusions nationalistes au travers de la culture  sur le thème « privilégier le dialogue, refuser le nationalisme ».

Cette contribution se propose de s'appuyer sur le très célèbre article de Pierre Bourdieu « Questions aux vrais maîtres du monde », que le sociologue avait adressé aux capitaines des grandes industries de la communication; il les y accusait de menacer l'autonomie du champ culturel en tendant vers l'uniformisation et la mondialisation.