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Le dossier qu'Amélie Jamar consacre au théâtre-action (voir ici) s'inscrit dans une série de travaux que nous menons depuis plusieurs années et qui se situent à l'intersection de deux préoccupations:les transformations des conflits sociaux, les évolutions du champ culturel.

Evaluation du dispositif «Dérapages» proposé par la Compagnie Arsenic en partenariat avec le Centre d'Action Laïque, Présence et Action Culturelles (PAC), le Mouvement Ouvrier Chrétien (CIEP) et les Territoires de la Mémoire.

Première partie: une propédeutique de la réalité
Deuxième partie: une lecture sociale et sociologique du dispositif Dérapages

Nous avions publié l'année dernière une analyse proposant une stratégie d'évaluation pour une action culturelle comme celle qui est évoquée ici (analyse reprise en annexe 1). Nous avons mené une partie du travail défini dans ce protocole ; il concerne l'étude critique de la dimension dramaturgique qui est supposée incarner le projet d'éducation permanente que s'est défini la compagnie. En 2008, nous avons mené à son terme une deuxième partie du projet : la confrontation des évaluations réalisées par chacun des partenaires de l'action (dimension sociale du dispositif).

Qu'est-ce qui motive les jeunes dans le choix de leurs loisirs et quels sont leurs besoins en la matière ? Analyse des résultats de deux enquêtes menées sur ce thème par les CAAJ de Huy et d'Arlon, souhaitant ainsi mieux définir des politiques de prévention pertinentes pour la jeunesse.

Dans un article majeur publié en 1974, Michel de Certeau regrettait une série de dérives qu’il voyait se produire dans le champ de la culture :

  • l’abandon d’une approche centrée sur le « peuple » au profit d’une logique consumériste conçue par rapport à un « public », plongé de fait dans une relation passive à la culture ;
  • l’intégration de la culture dans l’industrie des « biens et services » et son alignement sur une logique de développement monolithique (Félix Guattari parlant pour sa part de « capitalisme mondial intégré »);
  • l’abandon du couplage de l’action dans le champ de la culture et de la volonté de transformer l’environnement sociétal. D’une certaine manière, nous sommes arrivés au bout de cette évolution.

On sait que le travail mené dans le secteur de l’éducation permanente est régi par un nouveau décret, remplaçant celui de 1976. Une des particularités saillantes du nouveau dispositif législatif est de conditionner l’agrément des associations à la réalisation de types d’actions très spécifiques: soit, pour faire bref, des actions d’animation à l’intention du public populaire, des actions de formation de professionnels, l’élaboration d’outils d’intervention ou de travaux de recherche (analyses ou études) ou enfin des campagnes de sensibilisation.