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Le 10 septembre 2014, à l'occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, le Centre de Prévention du Suicide organisait un colloque fort explicitement intitulé « Le travail m'a tuer » ; comme dans la célèbre affaire Omar Raddad et avec la même faute grammaticale, la phrase, en lettre de sang sur le mur d'un bureau, accuse le labeur meurtrier.

Invité à intervenir dans cette journée, Jean Blairon tente d'abord d'éclaircir le paysage de la « souffrance au travail », qui semble avoir éclipsé celui de la domination et de l'aliénation. Il s'appuie sur les travaux sur le harcèlement moral de Jean-Pierre Le Goff, qui considère cette notion comme ambiguë, poussant à une psychologisation excessive et à la victimisation des rapports au travail. La question de la souffrance au travail, pour grave et délicate qu'elle soit, serait en quelque sorte mal posée. Notamment parce qu'elle ne tient pas compte des retournements que le capitalisme a habilement fait subir aux luttes des années 60, et se présentant comme la solution au problème alors qu'il était le problème, ce qui mène à une désubjectivation des individus. Jean Blairon en explicite les mécanismes, avant de proposer des cadrages pour « sortir du brouillard » et mieux débusquer ces nouveaux facteurs de domination.

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