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Il est question de transversalité des actions dans cette analyse, fruit d'une intervention de Jean Blairon lors d'une journée de réflexion organisée par l'ASAH (Association des services d'accompagnement et d'actions en milieu ouvert pour personnes handicapées). Il s'agissait de réunir les travailleurs des services membres pour mettre en débat les orientations générales que l'Association entend poursuivre.


C'est à l'occasion d'une journée mondiale de l'habitat, le 06/10/2014, que le Rassemblement Wallon pour le Droit à l'Habitat (RWDH) est né. Il s'est constitué à l'instigation du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté et rassemble des citoyens, des associations, des fédérations, qui se préoccupent de la question du logement, que ce soit directement sur le terrain auprès des populations ou en seconde ligne, en appui. Chacune de ces composantes, petite ou plus importante, agit de sa place et avec ses moyens, enjeux et missions, pour un logement pour tous.

Le 26 février 2016, après quelques mois bien remplis, le Rassemblement organisait avec ses membres un séminaire pour explorer son identité collective.


Le 18 mars 2016, Matin Première recevait Gaspard Koenig, fondateur d'un think tank libéral français, « GénérationLibre ». Sur son site Internet, le think tank annonce la couleur : « GenerationLibre s’inscrit dans la tradition du « jacobinisme libéral », pour qui l’Etat doit avant tout émanciper l’individu de ses tutelles. A l’heure de la révolution numérique, nous devons préparer un monde ouvert où l’autonomie individuelle et les coopérations spontanées remplaceront les structures centralisées. ».


PAC a choisi de consacrer un numéro de son trimestriel Agir par la culture à la victoire du chiffre en posant cette question : « Notes à l'école, normes au travail, algorithmes, quantified self, indicateurs économiques... Le quantitatif a-t-il gagné ? ».


La Commission européenne a condamné le gouvernement fédéral belge pour des pratiques fiscales illégales favorisant les multinationales ; il s'agit du « ruling », soit un accord préalable pris avec ces firmes et leur permettant une déduction fiscale (très) importante sur des bénéfices qui auraient pu/dû être taxés à l'étranger. En vérité, ces bénéfices ne sont la plupart du temps taxés nulle part. La Commission réclame le remboursement à la Belgique, par les quelque 35 entreprises concernées, de ces sommes indues, soit environ 700 millions d'euros... dont le Ministre des finances Johan Van Overtveldt ne veut pas, arguant que cela ferait fuir lesdites entreprises.


L'affaire des 700 millions d'euros d'impôts impayés que la Commission européenne veut faire restituer à la Belgique par les multinationales qui en ont illégalement bénéficié est un scandale de plus qui s'ajoute à une déjà longue litanie. Pour autant, cela ne semble enrayer en rien les politiques qui font toujours un peu plus de la même chose. Comment comprendre cette opiniâtreté, sauf à penser, comme Alain Touraine, que nos sociétés sont confrontées à l'émergence de pouvoirs totaux, dont celui du capitalisme financier ?


La Ligue des Droits de l'Homme a organisé du 09 au 11 octobre 2015 un cycle d'activités consacré à la thématique du respect de la vie privée « Tout le monde tout nu ». Cette analyse constitue la retranscription de l'exposé de Jean Blairon le 9 octobre.


Des no-selfies? ont été réalisés au départ d'interviews menées à RTA par Sophie Ceusters, Bernard Detré et Jean-Pol Cavillot. Seuls des extraits les plus significatifs de ces interviews ont été sélectionnés pour le montage. Mais les analyses de leur situation réalisées par les personnes elles-mêmes dans ces entretiens étaient tellement riches et consistantes que nous n'avons pas pu ne pas les prolonger en tentant d'en rendre raison à plusieurs niveaux (ceux des pratiques, des politiques, du modèle de société), dans une série de Chroniques de l'Etat « social » « actif ».

Dans cette seconde analyse, nous nous sommes portés au niveau des politiques, en partant du concept de désaffiliation que l'on droit à Robert Castel.

« France is in the air » (du capitalisme total) (Actualité de Pierre Bourdieu)

Les événements qui ont eu lieu à Air France le 5 octobre ont été abondamment relayés par les médias : les images des dirigeants malmenés par des syndicalistes et s'enfuyant, la chemise en lambeaux, sont connues de tous. Le lendemain, le Président François Hollande a tenu des propos pour le moins curieux à propos de ces faits, qu'il estime ternir l'image et l'attractivité de la France dans le domaine économique. On ne peut mieux illustrer la pénétration des argumentaires du capitalisme débridé jusque dans les sphères de la gauche. Ce que Bourdieu dénonçait déjà il y a quelque quinze ans...


Le 25 mars 2015, l'Agence Immobilère Sociale (AIS) Nord Luxembourg fêtait ses dix ans d'existence. Elle a organisé pour l'occasion une Conférence-Débat sur le thème « Les AIS : solution de logement à prix abordable pour les plus démunis ».


Le 3 mars 2015, la CNE organisait à Namur une journée consacrée à l'évolution des métiers dans le secteur de l'aide sociale. Jean Blairon était invité à intervenir, à la suite de la présentation d'une enquête menée par la CNE auprès de délégués syndicaux des secteurs de l'AWIPH, de l'aide à la jeunesse et de l'aide aux adultes en difficultés; il lui était demandé d'apporter un point de vue sur les évolutions du travail social.


Nous avons à plus d'une reprise emprunté à la sociologie de l'acteur-réseau les termes de «créatures de laboratoire» pour évoquer les concepts divers, qui, au-delà de la sphère dans laquelle ils ont été créés, induisent des usages sociaux qui peuvent dans certaines circonstances être peu opportuns; notamment lorsqu'ils font l'objet d'une propagation bien relayée dans la société, et qu'ils touchent des populations socialement peu favorisées.


Le 9 décembre, alors que les actions syndicales et associatives se multipliaient pour combattre les choix politiques du gouvernement fédéral, Bernard Delvaux, patron de la Sonaca, présentait au micro de Matin Première sa vision de ce qui devrait inévitablement faire consensus pour combattre la crise.
Jean Blairon relève une série d'affirmations du patron de la Sonaca qui se présentent comme des évidences indiscutables mais qui constituent tout de même des pétitions de principe au service de l'idée qu'au fond, tout le monde est dans le même bateau et qu'il faut en passer par d'inévitables réformes.


Et si cela n'arrivait pas qu'aux autres ? Depuis 2010, nous avons régulièrement entendu parler de la Grèce et de la terrible politique d'austérité exigée par la Troïka (FMI, BCE et CE). Cette situation catastrophique a fait l'objet d'analyses sur le plan économique ; nous souhaitons ici envisager le volet plus social, et spécialement associatif, avec le point de vue d'une travailleuse sociale, Maria Apostolou, qui a été active pendant près de 30 ans dans le domaine du handicap notamment, dans un service d'accompagnement.


Des intervenants sociaux et acteurs de terrain travaillant avec des populations Roms à Bruxelles, à des degrés divers et avec des missions variées, se sont rassemblés le 2 octobre 2014, à l'invitation de l'asbl « Lutte contre l'exclusion sociale à Molenbeek », pour réfléchir à diverses expériences et analyses de terrain.


Le 10 septembre 2014, à l'occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, le Centre de Prévention du Suicide organisait un colloque fort explicitement intitulé « Le travail m'a tuer » ; comme dans la célèbre affaire Omar Raddad et avec la même faute grammaticale, la phrase, en lettre de sang sur le mur d'un bureau, accuse le labeur meurtrier.

Malgré des plaidoyers répétés en ce sens, la gratuité de l'enseignement obligatoire reste un mythe. Dans nombre d'écoles, les coûts s'additionnent, jetant des familles dans des difficultés financières d'autant plus difficiles à assumer qu'elles ne sont pas sans effets culturels et sociaux importants.


Le Relais Social Urbain de Tournai a mené une enquête auprès de travailleurs sociaux tournaisiens et de bénéficiaires d'un abri de nuit et d'un accueil de jour, tous deux fermés après le plan grand froid 2013-2014. L'objectif était d'éclairer la réflexion du réseau de services sociaux autour de l'éventuelle pérennisation de ce type de service : est-elle pertinente, sous quelle forme, à quel moment et avec quelles priorités, avec quelles synergies ? RTA a été sollicité pour traiter cette enquête et accompagner le processus réflexif.


Après une société (industrielle) d'exploitation des travailleurs et une société (post-industrielle) d'aliénation, séductrice et manipulatrice, connaissons-nous aujourd'hui une société (hyper-industrielle) de la désubjectivation, qui combinerait de manière indissociable exploitation et aliénation ?

On en constate en tout cas le poids dans le monde du travail, où l'exploitation accrue passe par une mobilisation plus contrainte des ressources subjectives (l'adhésion, l'engagement, la mobilisation, valeurs brandies par les managers qui ne les respectent pas eux-mêmes), et par une désubjectivation des individus et surtout des groupes, afin d'assurer une auto-exploitation.


Le 22 avril 2014, la CSC Namur-Dinant organisait pour ses permanents et son personnel administratif une rencontre sur le thème des préjugés subis par les demandeurs d'emploi. Jean Blairon y a été invité à intervenir. Cette analyse est la retranscription de son intervention.

La tendance à dissocier de plus en plus, au nom de la rationnalité, l'action culturelle et l'insertion sociale, a conduit à bien des divorces dans des « couples » autrefois féconds : divorce entre éducation permanente et politiques d'intégration et d'insertion (au sens de Castel), divorce entre insertion et intégration, également. C'est pourquoi la demande adressée par PAC à Jean Blairon d'étudier les complémentarités entre action culturelle et insertion sociale au travers du travail des écrivains publics s'inscrit-elle à contre-courant.

PAC gère, depuis la fin des années 90, une formation « écrivains publics », dont l'évaluation a été confiée à RTA. Cette analyse synthétise les lignes de force de cette évaluation. Des services utilisateurs du travail des écrivains publics et des écrivains publics eux-mêmes ont été interrogés à cette occasion.

Le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP) a organisé en juin 2013 une rencontre avec l'asbl flamande « De link » qui dispense une formation de quatre ans permettant à des personnes qui ont vécu la grande pauvreté de devenir « expert du vécu » et d'être engagées professionnellement dans des administrations ou des associations pour y exercer des fonctions relatives au contact avec les populations très précarisées.
Le terme « expert du vécu », qui fait l'impasse sur la question « le vécu de quoi ? », nous semble déjà révélateur d'un « flottement » à propos de la pertinence de ce « métier », puisque ce qui fonde l'expertise n'est nommé qu'elliptiquement, par une sorte d'euphémisation très répandue dans la société.

Le CBAI consacre son agenda interculturel d'octobre 2013 aux « hypocrisies langagières », se posant la question suivante : « Politiquement correct et société multiculturelle : quels rapports ? ».
Nous avons été sollicités à propos de la « correction politique » de la question de la cohésion sociale.

L'avant-projet de Décret réformant le Décret de 2004 relatif à l'agrément et au subventionnement d'associations actives dans la formation sociale et professionnelle termine sa route parlementaire. Les Entreprises de Formation par le Travail (EFT) et les Organismes d'Insertion Sociale et Professionnelle (OISP) deviendraient indifféremment des CISP (Centres d'Insertion Socioprofessionnelle). Ce texte ne fait pas l'unanimité.

Que peut-on dire de l'utilité des Services d'Insertion Sociale (SIS), après 10 ans d'existence? Le capital symbolique de l'insertion sociale est moindre que celui de l'insertion socio-professionnelle, car elle semble moins directement opératoire (on « voit » moins à quoi elle mène qu'une formation professionnelle, même avec un horizon d'emploi très improbable) ; mais en même temps, son action positive semble indéniable.

Le 28 février 2013, la Fédération Wallonne des Assistants Sociaux de CPAS (Fewasc) organisait à Braine-le-Château, sous la présidence de Bernard Taymans, son 7ème Congrès. L'intitulé en était : Travail social performant au service de la dignité humaine en CPAS : Paradoxe entre les tendances managériales et la dignité humaine. Cette analyse est la retranscription de l'intervention de Jean Blairon lors de ce colloque.

Le Forem vient d'avoir recours, pour la gestion de son helpdesk, à une sous-traitance en partie délocalisée au Maroc. Les réactions fusent, pointant un paradoxe : un service public dédié à combattre le chômage peut-il contribuer ainsi à la délocalisation d'emplois, fussent-ils très peu nombreux ? Pour Jean Blairon et Emile Servais, la question n'est pas de savoir si le service public a fauté ou non, mais de se demander comment on en est arrivé là.

Une fondation pour tenter d'éviter de contribuer à  la redistribution des richesses? Le projet de la Reine Fabiola a fait grand bruit. La Belgique est choquée;  le gouvernement se penche sur la question des dotations royales;  les spécialistes y vont de leurs commentaires, les uns arguant de la légalité du projet, les autres de son illégitimité et du devoir d'exemplarité de la famille royale.

On connaît la fâcheuse mésaventure de ceux qui sont par inadvertance tombés dans des sables mouvants : plus ils se démènent pour s'en sortir, plus ils s'enfoncent. C'est ce qui est arrivé à ce chômeur de 50 ans, certainement pas seul de son espèce.

En cette période où d'aucuns nous annoncent la fin du monde pour le 21 décembre, mais où se vendent aussi les horoscopes pour 2013, Jean Blairon recense les argumentaires du discours interprétatif des gourous de l'apocalypse. 

Ils sont partout autour de nous, mais ce ne sont pas ceux qu'on pense...

En 2009, nous avons publié La révolution que nous attendons.

Au départ d'un texte écrit peu après la révolution de 1830 en France, dans lequel des ouvriers lyonnais revendiquaient que leurs bras soient reconnus comme première source de richesse, nous examinions dans cette analyse les parallélismes que l'on pouvait faire avec la situation actuelle.

Aujourd'hui, Jean Blairon, Jacqueline Fastrès, Emile Servais repartent du même texte de 1833 en s'intéressant cette fois au raisonnement qu'il contient à propos des conditions d'apparition d'un mouvement social.

En février 2012, nous avions publié « En haut et en bas » - Emprise de l'Etat et positions sociales. Dans cette analyse nous dénoncions notamment, à propos de la campagne "hiver 2012" de la RTBF, "l'appauvrissement du sens de ce qu'est l'appauvrisement". Nous mettions en lumière un traitement diamétralement opposé des personnes selon leur position sociale : pour les pauvres, individualisation des responsabilités et des épreuves (il faut prouver qu'on "mérite" son aide sociale), et désindividualisation des droits (en couple, on voit son chômage fondre). Pour les riches, désindividualisation des responsabilités et des actions (anonymat protecteur) et protection individuelle des profits (mécanismes qui permettent d'éluder l'impôt). Nous avons souligné le rôle de l'Etat dans cette situation.

Dans son dernier ouvrage, Après la crise, consacré à la crise de 2007-2009 qui semble se poursuivre par à-coups successifs, Alain Touraine écrivait « Le but à atteindre est la reconstruction d'un ensemble vivant et actif, ce qui passe par une redéfinition des principaux acteurs par eux-mêmes, une bonne connaissance de l'ennemi à combattre et la conscience des enjeux communs qui existent entre les acteurs sociaux. C'est la conscience de l'adversaire qui est la plus facile à acquérir. »
Après avoir analysé successivement l'adversaire et l'enjeu dans des analyses antérieures, Jean Blairon s'attache ici à l'acteur, achevant ainsi d'examiner le cycle des composantes de la production de la société par elle-même, telle que la définit Alain Touraine.

Dix ans de médiation, dix ans de leçon ? - Réflexions sur le travail social à l'occasion de l'anniversaire du Centre de Médiation des Gens du Voyage

 

Le 11 octobre 2011, le Centre de Médiation des gens du Voyage et des Roms en Wallonie fêtait son 10è anniversaire, lors d'une journée d'étude. Cette analyse est la retranscription de la conclusion de cette journée, assurée par Jean Blairon. En partant de la question du nom que s'est choisi l'association vu comme un catalyseur, et de sa formule emblématique « Gens de partout, gens de chez nous », il expose une analyse des principes de médiation du Centre.

Dans une analyse antérieure (« L'adversaire, après la crise ») nous avons examiné les thèses qu'Alain Touraine défend dans son dernier ouvrage « Après la crise ». Nous avons montré que la définition qu'il donne de l'adversaire pose des questions majeures aux acteurs du contre-pouvoir.

Nous poursuivons en analysant comment Touraine définit les enjeux communs aux acteurs sociaux. Par « enjeu », le sociologue entend une ressource centrale pour le conflit, plus ou moins structuré et structurant, qui est au centre de la production de la société, et autour duquel les acteurs se rassemblent et s'opposent à la fois, se disputant sa possession et son interprétation.

Dans une analyse antérieure, Jean Blairon proposait une réflexion sur l'adversaire que les acteurs du contre-pouvoir doivent pouvoir identifier pour le combattre. Il s'appuyait pour ce faire sur le dernier ouvrage de Touraine, Après la crise, et montrait qu'il n'y avait plus consensus sur cet adversaire, ce qui a bien entendu des répercussions sur les mouvements sociaux, anciens ou  émergents, qui ne savent plus « à quel adversaire se vouer ».

Le « cadre d'auto-évaluation des fonctions publiques » (CAF) introduit la « logique client » comme référence de l'action publique. Les définitions, d'une opportun(ist)e imprécision, du terme « citoyen/client » recouvrent une traduction opérationnaliste du terme « service public » en « services au public » et remplacent la culture du service public par une logique instrumentale. Cette extension tous azimuts des logiques marchandes constitue un des «  chevaux de Troie » si difficile à combattre par les mouvements sociaux.

Cette analyse propose une réflexion sur ce que peut être « l'adversaire », aujourd'hui. « L'adversaire », c'est celui qu'il convient de combattre, dans le conflit central de la société, auquel Alain Touraine a consacré ses travaux. Pour le sociologue, ce conflit a longtemps été social, mais les choses sont en train de changer. Aujourd'hui, pour sortir de la crise financière mondiale, il faut que les acteurs du contre-pouvoir se renouvellent, qu'ils deviennent des acteurs plus moraux que sociaux, pour revendiquer la création d'une nouvelle société. Touraine nomme trois conditions pour que ce mouvement prenne de l'ampleur : une bonne connaissance de l 'adversaire, une redéfinition des acteurs par eux-mêmes, et enfin la conscience des enjeux de la lutte.

Au départ d'entretiens avec deux travailleurs de la grande distribution, cette analyse illustre, par le point de vue des acteurs de terrain, deux manière de vivre la politique des grandes chaînes de distribution (anonymisées), qu'il convient de ne pas mettre hâtivement dans le même schéma de fonctionnement. Quatre analyseurs ont été utilisés :

  • le sens et la valeur donnés collectivement au travail par l'entremise de l'entreprise ;
  • les formes d'investissement dans le capital culturel des travailleurs ;
  • la forme que prennent les collectifs de travail au sein de l'entreprise ;
  • et enfin, l'efficacité des entreprises telle qu'elle est vue par leurs employés.

Le réseau Idée (Réseau d'information et de diffusion en éducation à l'environnement) se pose la question de savoir si les « acteurs éducatifs » peuvent constituer le levier d'un changement social de grande ampleur ; le Réseau annonce un colloque en 2012 pour mettre  cette thématique en débat. Pour nourrir la réflexion, il convient de se démarquer des utilisations abusives des thèmes de l'acteur et du changement.

Cette analyse balise les trois pièges à éviter, en proposant de suivre un auteur comme Félix Guattari qui posait que le changement social se produit d'abord à un niveau qu'il appelait moléculaire ou micro. Est-il possible, au départ de ces actions, de produire un changement de grande ampleur? L'analyse propose quelques pistes en ce sens.

On doit à Robert Castel une réflexion sur la notion de désaffiliation, qu'il présente comme un « décrochage par rapport aux régulations à travers lesquelles la vie sociale se reproduit et se reconduit ». La dérégulation du travail et la reconfiguration des protections sociales ont amené un nombre grandissant de personnes à devenir des « individus par défaut », désaffiliés, dans une société où le thème de la responsabilisation individuelle ne cesse de gagner du terrain. Ces personnes sont ainsi considérées comme« éloignées de l'emploi », et les politiques d'emploi cherchent, en les « activant », à les rapprocher de celui-ci. Cette forme de lutte contre la désaffiliation met alors l'emploi au centre des forces centripèdes, cherchant à ré-aimanter ceux que des forces centrifuges ont mis « out »; les résultats sont cependant rien moins qu'évidents. Or, il est possible de retourner ce schème, de considérer que c'est l'emploi qui s'est éloigné de ces personnes, et qu'une politique d'emploi appropriée peut permettre de se rapprocher d'elles.

Analyse de l'expérience du Miroir Vagabond

Le SPP Intégration Sociale a commandité à l'asbl RTA une recherche-action visant à observer de l'intérieur une expérience de lutte contre la désaffiliation sociale menée par une association de terrain. Il s'agissait par ce biais d'étudier le rôle que peut jouer l'acteur associatif dans cette lutte, les conditions de possibilité de celle-ci et d'identifier les modes souhaitables de soutien public à de telles initiatives.

Postface de Jean Blairon

Pratiquer l’éducation permanente dans l’univers carcéral n’est pas gagné d’avance. Car il s’agit d’abord d’appréhender un système pénitentiaire dans lequel les personnes détenues vivent le sentiment d’être niées, de ne plus exister, de ne plus avoir aucun droit. De devenir des « inutiles au monde ».

Dans ce contexte où l’autonomie des individus est mise à mal, quelle est la pertinence et la portée de projets de formation dont l’objectif est de soutenir les personnes dans leur capacité d’être sujets, de se reprendre en main ? A quelles conditions est-ce possible ? Quelles traces ces initiatives laissent-elles chez ces détenus participants ?

L’année internationale de lutte contre la pauvreté s’achève. La revue Politique consacrera son premier numéro de 2011 à cette thématique, en se posant la question « l’image des pauvres se sera-t-elle modifiée » après ce coup de projecteur international ?

L’interfédé des EFT et OISP a souhaité consacrer un numéro de sa revue, L’essor de l’interfédé, à la question de l’évaluation des stagiaires. Jean Blairon, sollicité dans ce cadre, a choisi de lire la thématique par la lorgnette de l’analyse institutionnelle.

Dans le domaine de la formation continuée d’adulte dans le secteur associatif, comme dans bien d’autres champs, il est des « analyseurs » qui permettent de jauger les conflits et les rapports de pouvoir qui s’y jouent. La thématique de l’évaluation est un de ces analyseurs, et elle nous renseigne sur un certain nombre de régressions vécues par le secteur dans la manière dont il est jugé pour ce qu’il fait.

Chronique du Forum des travailleurs sociaux de rue au Festival des Libertés

Le festival des libertés, organisé chaque automne par Bruxelles Laïque asbl, mobilise des formes d’expressions variées pour « se faire le témoin de la situation des droits et libertés dans le monde, alerter des dangers qui guettent, rassembler dans la détente, inciter à la résistance et promouvoir la solidarité ». En 2010, l’ouverture du 2è Forum des travailleurs sociaux de rue, dans le cadre de ce festival des Libertés, s'est effectuée dans la grande salle du Théâtre National. La place de la culture dans le dispositif s'est marquée dès l'abord par une scénographie particulière : sur la scène,  les impedimenta classiques des colloques internationaux ont été remplacés par des objets signifiant la présence de « la rue » ; les intervenants sont assis dans des brouettes renversées ; les tables sont remplacées par des bacs de bière. Dans le fond de la scène, à droite, une énorme poubelle nous rappelle que trop d'êtres humains sont désormais traités comme des déchets (des « surnuméraires » selon R. Castel ; des « inutiles au monde » selon A. Touraine).

Les opérateurs de l'Insertion socioprofessionnelle et de l'Economie sociale d'insertion, sont régulièrement interpellés sur l'évaluation de leurs actions et la mesure de leurs impacts par les organismes subsidiants.

De manière systématique, des  « contraintes évaluatives » sont imposées aux différents acteurs de ce secteur. L'évaluation s'inscrit bel et bien comme un levier central des politiques actuelles...

Les derniers chiffres du chômage sont tombés ! Non pas les chiffres du nombre de nouveaux chômeurs, mais ceux des ex-chômeurs. Non pas les personnes qui ont retrouvé un emploi mais les personnes qui sont exclues du bénéfice des allocations de chômage. Depuis quelques années, le «plan d'activation des chômeurs» a en effet introduit une série de conditions en vue de bénéficier durablement de ce droit à l'assurance chômage.  Sont-elles équitables ou tout simplement honorables ?

Danièle Linhart : Travailler sans les autresLa lecture du livre « Travailler sans les autres ? » de Danièle Linhart (Paris, Gallimard, 2009) prolonge utilement celle de « Perte d’emploi, perte de soi » (voir la présentation de cet autre livre dans le même dossier). C’est qu’il s’agit pour l’auteure de faire le point sur un ensemble d’enquêtes réalisées à l’écoute de diverses situations de travail. Situations de travail en milieu privé (ainsi au sein de collectifs d’ouvrières d’abattoirs) comme en milieu public (comme La Poste française), ce qui permettra à l’auteure de croiser les analyses en observant un étonnant chassé-croisé.

 

linhart_perte_emploi_perte_soiLe livre « Perte d’emploi, perte de soi » (Toulouse, Erès, 2009) est issu d’une enquête réalisée par un collectif de sociologues auprès d’un peu moins d’une centaine de travailleurs choisis parmi plusieurs milliers de victimes d’une fermeture définitive d’une entreprise française du secteur automobile, l’usine Chausson à Creil (située à une soixantaine de kilomètres au Nord de Paris), trois ans après les faits. Les faits sont chiffrés comme suit : un premier plan social de 1.104 licenciements sur 2.549 postes et un deuxième de 435, puis finalement la fermeture avec sa « remise à zéro ». Quels sont les effets de cette fermeture, même assortie d'un « bon » plan social, pour chacun des ex-travailleurs, pour les collectifs ouvriers, pour la région et finalement pour la société entière ? C'est le point de départ de cette enquête surprenante.

En cette année européenne de lutte contre la pauvreté, force est de constater que les discours angéliques sont peu suivis de mesures efficaces pour imposer aux Etats le respect des droits fondamentaux. Cette analyse propose d’identifier les facteurs de déperdition qui déforcent la lutte contre les inégalités.

Accueillir des personnes adultes handicapées en journée, telle est la mission des SAJA (services d’accueil de jour pour adultes). Derrière la mission, quelle politique d’accueil défend-on ?

En conclusion d’une journée de séminaire organisée le 26 février 2010 par le SAJA Le Tandem, Jean Blairon propose ici une lecture micro-politique de l’acte d’accueillir.

La « crise » économique que nous traversons (qui, dans les discours de beaucoup, semble relever  désormais de l'accident imprévisible dont personne ne serait responsable, comme une sorte de catastrophe naturelle...) est le théâtre d'une montée en puissance de l'obscénité.

Cette étude, réalisée à la demande du dispositif d'insertion socio-professionnelle du CPAS d'Esneux, se base sur les données recueillies auprès de stagiaires bénéficiaires de ce dispositif et des professionnels qui les encadrent.


Dans cette analyse, nous proposons plus spécifiquement des pistes de réflexion et d’action pour les services, pour éviter de reproduire à petite échelle ce qui pèse sur les Roms à grande échelle.

Dans cette étude, nous avons abordé la question au départ de la parole des familles et des services. Ce qui nous a été dit nous a amenées à nous pencher sur trois aspects mis en avant par les participants et étroitement imbriqués, menant les Roms d’une situation dramatique à une autre pire encore.

« La révolution que nous attendons (...) doit consacrer la prééminence de la richesse des bras sur toutes les autres. »
L'écho de la fabrique , 6 octobre 1833.

Au départ d'un texte écrit peu après la révolution de 1830 en France, dans lequel des ouvriers lyonnais revendiquent que leurs bras soient reconnus comme première source de richesse, Jean Blairon et Jacqueline Fastrès examinent dans cette analyse les parallélismes que l'on peut faire avec la situation que nous vivons aujourd'hui. Comment l'économie immatérielle met-elle à mal cette revendication qui peut paraître acquise et quelles seraient les conditions pour se prémunir de ce retournement?

Ce texte est la retranscription d'une intervention réalisée par Jean Blairon au CEPAG (mouvement d'éducation permanente proche de la FGTB-Wallonne) en mars 2009 devant des animateurs issus de toutes les centrales syndicales. Il s'agissait à cette occasion d'étudier l'apport possible de la sociologie de Pierre Bourdieu pour les luttes syndicales et d'interroger les « occasions manquées » - à ne plus manquer à l'avenir - pour que se manifeste un mouvement social qui réunirait associations et syndicats.

En ce début d'année 2009, nous nous situons, en matière de politique d'insertion sociale et professionnelle, à un carrefour particulièrement complexe. Peut-on espérer en matière de politiques sociales et économiques un reflux des " avancées conservatrices " que nous subissons depuis de nombreuses années ? Nous aimerions produire dans les lignes qui suivent une série de questions pour en baliser les espaces possibles.

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