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Le CAAJ de Marche-en-Famenne a entamé en 2016 une courageuse démarche d’introspection professionnelle : il s’agissait que des services œuvrant dans le cadre du décret de l’aide à la jeunesse se questionnent, sur base volontaire, à propos des éventuelles violences institutionnelles qu’ils pouvaient générer auprès des bénéficiaires, même de manière non voulue. L’objectif était de prendre toutes mesures utiles pour éviter ces violences institutionnelles.
Une telle auto-analyse est particulièrement importante pour le secteur de l'aide à la jeunesse qui, dans les missions de prévention qu'il se définit, entend lutter contre ces types de violences peu visibles, « qui échappent aux regards et aux sanctions », pour reprendre ces termes de Pierre Bourdieu, et qui sont notamment présentes dans les interactions sociales.

RTA a été sollicité pour accompagner cette démarche. La méthodologie adoptée s’est articulée autour de deux étapes bien distinctes, l’une avec des bénéficiaires, l’autre avec des professionnels.

C’est donc à une démarche « en miroir » que nous vous convions ici.


En 2016, le RWADE, le RWLP et RTA réalisaient ensemble une recherche commanditée par le Gouvernement wallon dans le cadre du Plan wallon de lutte contre la pauvreté ; cette recherche (Précarité énergétique et restriction du sens de la vie. Quels dispositifs d’action ? Etude sur l’évaluation et rationalisation des dispositifs d’accompagnement des publics en situation de précarité énergétique en Wallonie, novembre 2016) portait sur l’évaluation des dispositifs d’accompagnement destinés aux publics en situation de précarité énergétique. L’avis des bénéficiaires a été recueilli, puis, de manière symétrique, celui des professionnels. Un des constats posé par ces derniers était la nécessité de travailler davantage en réseau. Soit, mais comment ? Nous avons estimé utile de prolonger ce constat en interrogeant l’expérience de « bouts de réseaux qui marchent » qu’avaient faite deux services de terrain, une SLSP (le Logis Châtelettain) et une organisation de jeunesse environnementaliste (l’asbl Empreintes). Et il nous a vite paru évident que le modèle de travail en réseau qui était évoqué en filigrane de leurs descriptions était ce que nous avons nommé un « réseau de connexion ».
Au départ de ces expérimentations, nous avons tenté de pointer les éléments essentiels pour que « cela marche ».


Le thème de l'allocation universelle est de plus en plus souvent présenté comme incontournable et devient un argument électoral, comme dans la campagne présidentielle française pour le candidat Hamon. Mais il est aussi de plus en plus souvent présenté comme irrévocable, faisant partie du progrès en marche et nécessitant de se détacher des scories sociales d’un passé considéré par d’aucuns comme dépassé.

Dossier - Lutte contre la précarité énergétique et travail de réseau : quelles logiques d’action ?

Le réseau de connexion, comme son nom l’indique, connecte ce qui était déconnecté, mais surtout il connecte des acteurs à intérêts différents, voire divergents. Au départ de l’expérimentation décrite par deux témoins, nous avons pu isoler les conditions de création et de fonctionnement de ce type de réseau.

Cette analyse fait partie d'un dossier plus large.

Dossier - Lutte contre la précarité énergétique et travail de réseau : quelles logiques d’action ?

Lorsqu’une expérience fonctionne bien se pose la question de son essaimage. Mais lorsqu’il s’agit d’une manière de travailler en réseau, sur quoi se baser pour donner des chances à la greffe de prendre ? D’abord en se questionnant sur la manière de l’évaluer : au départ de quels critères, en référence à quel modèle d’efficacité ? Le modèle d’essaimage doit être congruent à ce modèle afin de ne pas le gauchir.

Cette analyse fait partie d'un dossier plus large.

 
Le travail de recherche dont rend compte cette étude s'est déroulé d'octobre 2014 à décembre 2016, à raison d'une journée de travail par mois (hormis juillet et août).
Il a mobilisé des directrices et directeurs de SAS (Services d'accrochage scolaire), soit des associations extérieures aux établissements scolaires et qui disposent d'un double agrément : par le Ministère de l'Education et par le Ministère de l'Aide à la jeunesse.

Le souhait était de construire de manière collective un dispositif d'évaluation de leurs pratiques.


Dans son hommage à Emile Servais lors de ses funérailles, Philippe Mahoux, président de RTA, a rappelé les combats communs menés au nom du pluralisme et la manière si personnelle d’Emile de mettre ses qualités – d’intellectuel, d’enseignant, de militant, d’acteur – au service des luttes progressistes.


« Crever l’écran des mots communs », comme le recommandait Bourdieu, Emile Servais y excellait, lui qui ne supportait pas les « mots bateau » et qui savait dérouter le regard et bousculer les points de vue. Dans une une analyse inédite sur le thème du populisme, dont nous débattions avec lui et à laquelle il mettait la dernière main (elle est publiée en l'état), Emile s’attaque au terme « populisme ».


Cette analyse, consacrée aux enjeux du secteur de l’éducation permanente, rappelle que la production de connaissances dans l’axe 3,2 est référée sans ambiguïté à l'engagement de tous dans la construction d'une société démocratique : l'article 1er du Décret de 2003 l'énonce clairement.


L’éducation permanente était un ancrage central pour Emile Servais. Il a d’ailleurs contribué à notre production d’analyses et d’études dans le cadre de l’agrément de RTA en axe 3,2 du décret.

La présente analyse est consacrée aux enjeux de ce secteur et explore la dimension du « public » visé par l’éducation permanente. En 2008, nous avions déjà eu l’occasion, avec Emile Servais, de travailler sur ces questions avec le Cefoc, ce qui avait donné lieu à un dossier intitulé « Classes et cultures populaires : des classes et cultures dominées et stigmatisées? » - www.intermag.be/socioeconomique/126.

Aujourd’hui, Jean Blairon et Jacqueline Fastrès réinterrogent les glissements de mots qui sont intervenus avec le Décret de 2003, qui ont remplacé les termes « adultes » et « travailleurs » par « public défavorisé » ; « public issu de milieux populaires ».

 

Emile Servais a été un des fondateurs de l'analyse institutionnelle en Fédération Wallonie Bruxelles. Discipline exigeante, l'analyse institutionnelle permet de mettre en avant la double face des institutions : créativité, mobilisation, production de la société, d’une part ; scène ou peuvent se jouer des abus de pouvoir ou sévir une transversalité négative d’autre part. Il s’agit pour les institutions d’être vigilantes et critiques quant à leur propre fonctionnement. Si nous avons régulièrement montré, avec Emile, la face instituante et la force créatrice des associations, nous avons aussi pointé les dérives possibles, les pathologies institutionnelles qui peuvent les frapper. La pathologie que Jean Blairon met en avant aujourd’hui, heureusement rare, est particulièrement redoutable.

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