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Nos productions 2013

en éducation permanente

 

En 2013, nous avons réalisé 32 analyses et 2 études.

11 newsletters ont été réalisées, dont 9 concernant les productions liées à notre agréement en éducation permanente, elles sont répertoriées dans la liste qui suit.

 

Les analyses et études sont présentées ici d'après leur parution dans les newsletter, pour celles qui l'ont été. Certaines newsletter ou certains articles ne s'inscrivant pas dans le cadre d'une valorisation en éducation permanente, ils ne sont pas repris dans cette liste ; à l'inverse, certains articles n'étant pas annoncés dans les newsletters, ils sont présentés et mis à la disposition sur demande à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

 

 

 Newsletter 
« Deux poids, deux mesures dans la découpe sociale »

 

 

 

 

1.- Analyse
L'exemple ad hoc : Gros-Jean pire que devant

Par Jacqueline Fastrès, Sophie Ceusters et Christine Mahy
Diffusion via la newsletter de janvier intitulée « Deux poids, deux mesures dans la découpe sociale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.

 
On connaît la fâcheuse mésaventure de ceux qui sont par inadvertance tombés dans des sables mouvants : plus ils se démènent pour s'en sortir, plus ils s'enfoncent. C'est ce qui est arrivé à ce chômeur de 50 ans, certainement pas seul de son espèce.

Au départ de son parcours, cette analyse pointe les doubles contraintes et la schizophrénie en abyme des législations du chômage et du travail, et leurs conséquences : de plus en plus de contraintes individuelles et de moins en moins de couverture sociale pour les chômeurs.

2.- Analyse
La polémique autour de la Fondation de la Reine Fabiola Une perspective trop étroite ?

Par Jean Blairon
Diffusion via la newsletter de janvier intitulée « Deux poids, deux mesures dans la découpe sociale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.

 
Une fondation pour tenter d'éviter de contribuer à la redistribution des richesses ? Le projet de la Reine Fabiola a fait grand bruit. La Belgique est choquée, le gouvernement se penche sur la question des dotations royales, les spécialistes y vont de leurs commentaires, les uns arguant de la légalité du projet, les autres de son illégitimité et du devoir d'exemplarité de la famille royale.
Il nous semble quant à nous, si on veut opérer un recul réflexif sur la question, que cette polémique illustre parfaitement le nouveau rapport à la règle de la classe dominante dans son ensemble, rapport très asymétrique en regard de la situation des personnes qu'on a décidé d'« activer ».

3.- Analyse
Service public et délocalisation de l'emploi : tentative de contextualisation

Par Jean Blairon et Emile Servais
Diffusion via la newsletter de janvier intitulée « Deux poids, deux mesures dans la découpe sociale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.

 
Le Forem vient d'avoir recours, pour la gestion de son helpdesk, à une sous-traitance en partie délocalisée au Maroc. Les réactions fusent, pointant un paradoxe : un service public dédié à combattre le chômage peut-il contribuer ainsi à la délocalisation d'emplois, fussent-ils très peu nombreux ? Pour Jean Blairon et Emile Servais, la question n'est pas de savoir si le service public a fauté ou non, mais de se demander comment on en est arrivé là.

Qu'est-ce qui, dans les choix qui ont été posés en amont par rapport à la « modernisation » des services publics, a rendu possible ce qui arrive aujourd'hui ?

Newsletter « Quel développement territorial ? »

 

 

 

 

1.- Etude 
Les enjeux du développement culturel territorial. Une étude de cas : l'implantation d'un espace culturel sur le site des anciens abattoirs de Bomel à Namur

Par Jean Blairon et Laurence Watillon

Diffusion via la newsletter de février intitulée « Quel développement territorial ? ».
Lire l'étude
en ligne sur Intermag.

 
Le développement culturel territorial fait partie de la déclaration de politique gouvernementale 2009-2014. La préoccupation portée par ce concept est de désenclaver la culture (en mutualisant les ressources tout en préservant l'autonomie des acteurs culturels) et d'organiser une coopération accrue entre lesdits acteurs.

Cependant, il existe des manières opposées de traduire ces deux objectifs de « désenclavement » et de « coopération » en enjeux stratégiques.

  • Quel type de désenclavement recherche-t-on (une assimilation de la culture à l'activité économique versus une articulation aux actions de changement de l'environnement) ?
  • A quels destinataires adresse-t-on l'action culturelle (un « public » à conquérir versus une « population » à rencontrer) ?
  • Quel mode d'efficacité sera-t-il requis pour l'action et l'organisation de la coopération (une approche instrumentalisante et programmatique versus une logique de propension tirant parti des potentialité et s'y adaptant) ?

On voit bien que les enjeux et les stratégies ad hoc se concentrent en deux tendances (pouvant partiellement être mixées), et que leur mise en oeuvre effective donnera un tout autre visage, selon l'option choisie, au développement culturel territorial visé.
Cette étude s'attache à discuter ces principes au travers d'un exemple actuel. Les anciens abattoirs de Bomel, à Namur, vont être rénovés et affectés à des projets culturels. Résultat d'une mobilisation d'un comité de quartier, ce projet se concrétisera sous le pilotage du Centre Culturel Régional de Namur. Des séminaires, ou « laboratoires d'actions » ont été mis sur pied pour structurer la réflexion de manière coopérative. Cette étude en propose une lecture stratégique.

4.- Analyse
Travail de rue et action communautaire quels enjeux ?

Par Jean Blairon
Analyse à la demande du Réseau International des Travailleurs Sociaux de Rue, dans le cadre d'une enquête auprès de ses membres sur cette thématique.
Diffusion via la newsletter de février intitulée « Quel développement territorial ? ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.

Cette analyse a été l'occasion de s'interroger sur la définition et l'enjeu de l'action communautaire.
Il s’agit, au-delà des situations individuelles de souffrance, d’entendre ces souffrances comme produites par des causes sociales, alors que cette production est occultée ; ensuite, il est question d’agir au niveau où ces causes peuvent être enrayées. Loin d'être un travail humanitaire ou caritatif, l'action communautaire cherche à agir sur l'occultation des causes et sur la résignation politique qui en permet la perpétuation ou l'aggravation. Le travail de rue qui s'investit dans l'action communautaire possède alors une dimension de critique politique et sociale. Cette analyse s'attache à préciser quels en sont les niveaux et pose des questions touchant les modes d'action y afférentes.

 Newsletter      
« Magistrature
morale et immorale »

 

 

 

 

 

5.- Analyse
La dignité humaine en CPAS : quelles questions, quelles actions ?

Par Jean Blairon
Analyse à la demande de la Fédération Wallonne des Assistants Sociaux de CPAS (Fewasc), à l'occasion de son 7ème Congrès, dont l'intitulé était : Travail social performant au service de la dignité humaine en CPAS : Paradoxe entre les tendances managériales et la dignité humaine ; cette analyse est la retranscription de l'intervention de Jean Blairon lors de ce colloque.
Diffusion via la newsletter de mars intitulée « Magistrature morale et immorale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Jean Blairon commence par y préciser la notion de dignité en référence aux travaux d'Alain Touraine sur le Sujet. Le droit d'être Sujet, pour Touraine, doit combiner (et non séparer, voire opposer) la participation à l'activité économique et l'exercice des droits culturels, ce qui suppose une interaction permanente avec les autres et avec l'environnement, ainsi que la conscience de la domination subie, domination qui peut être évidente ou plus subtile. L'autoritarisme, l'ignorance, l'isolement, l'assignation à une place non choisie, l'intégration forcée, sont ainsi des facettes de cette domination et des vecteurs puissants de désubjectivation. Les questions stratégiques que pose Jean Blairon sont dès lors liées à ces facettes précises et aux formes qu'elles peuvent prendre. Les travaux de Erving Goffman sur les procédés développés par l'institution totale permettent de mettre en lumière comment ces procédés peuvent trouver à s'incarner et servir la désubjectivation. L'analyse en démontre la portée dans des exemples extrêmes (les camps d'extermination et le libertinage sadien), mais aussi dans des situations moins extrêmes, trop peu perçues et pas nécessairement volontaires, contre les usagers et contre les travailleurs des CPAS. En ce qui concerne ces derniers, c'est la pression du néo-management qui produit l'émergence de ces procédés. Jean Blairon y évoque enfin quelques pistes de résistance.

6.- Analyse
Crise et communication - L'étalement de l'obscénité

Par Jean Blairon et Emile Servais
Diffusion via la newsletter de mars intitulée « Magistrature morale et immorale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.

 
Licenciements massifs à Caterpillar, démission du ministre Vanackere, annonce et contre-annonce autour du « redressement » de la Wallonie face à la Flandre : trois occasions de communication très médiatisée autour de « crises » de natures diverses. Au départ de trois productions médiatiques sur ces sujets, Jean Blairon et Emile Servais proposent une analyse critique de l'obscénité de ces propos. Pour Marcuse, l'obscénité désigne plus l'impudence que l'impudeur ; mais dans le cas qui nous occupe, on est proche de l'idéologie du « tout au libertinage » cher à Sade, à cette différence près que le cœur de la question est économique et social et non sexuel.

Les « conseils en communication de crise » donnés à Caterpillar par un professeur d'université, les fictions médiatiques construites de manière pseudo-judiciaire autour de « révélations » et de « fuites » menant à la démission d'un ministre, les commentaires d'un autre professeur d'université sur ce qui « handicape » la Wallonie, autant de « sorties » dignes de véritables libertins de l'économie exerçant sur la chose publique une magistrature immorale ?

 

  Newsletter
« Insertion/Intégration :

quels droits pour les bénéficiaires ? » 

7.- Analyse
L'insertion sociale : un outil incontournable ?

Par Jean Blairon
Analyse à la demande de la Fédération des CPAS, à l'occasion du colloque du 6 mai 2013 L'insertion sociale : une pratique essentielle ; ce texte constitue la retranscription de l'exposé de Jean Blairon lors du colloque.
Diffusion via la newsletter de juin intitulée « Insertion/Intégration : quels droits pour les bénéficiaires ? ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Que peut-on dire de l'utilité des Services d'Insertion Sociale (SIS), après 10 ans d'existence ? Le capital symbolique de l'insertion sociale est moindre que celui de l'insertion socio-professionnelle, car elle semble moins directement opératoire (on « voit » moins à quoi elle mène qu'une formation professionnelle, même avec un horizon d'emploi très improbable) ; mais en même temps, son action positive semble indéniable.

Jean Blairon propose ici quatre questions critiques sur les pratiques dites d'insertion sociale, de manière à préciser les conditions de leur légitimité.

8.- Analyse
L'avant-projet de Décret relatif aux Centres d'Insertion sociale et professionnelle - Quelques questions d'évaluation

Par Jean Blairon
Diffusion via la newsletter de juin intitulée « Insertion/Intégration : quels droits pour les bénéficiaires ? ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.

 
L'avant-projet de Décret réformant le Décret de 2004 relatif à l'agrément et au subventionnement d'associations actives dans la formation sociale et professionnelle termine sa route parlementaire. Les Entreprises de Formation par le Travail (EFT) et les Organismes d'Insertion Sociale et Professionnelle (OISP) deviendraient indifféremment des CISP (Centres d'Insertion Socioprofessionnelle). Ce texte ne fait pas l'unanimité.

C'est du point de vue des stagiaires eux-mêmes, de la lecture de leur situation réelle, élaborée avec eux, que nous partirons pour poser quelques-unes des questions d'évaluation qui nous paraissent cruciales avant qu'un dispositif décrétal soit définitivement adopté.

 

 

Newsletter                    
« Appels à projet,
appels à rejet »             

9.- Analyse
La « réalité » des appels à projet : une analyse institutionnelle

Par Jean Blairon
Analyse à la demande de l'Unipso et le Master en Ingéniérie et Actions sociales LLN/Namur à l'occasion d'une conférence portant sur « L'évolution des relations entre le secteur à profit social et les pouvoirs subsidiants - Focus sur les enjeux des appels à projets et des appels d'offres ».
Diffusion via la newsletter de juin intitulée « Appels à projet, appels à rejet ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Dans son intervention, Jean Blairon adopte le point de vue de l'éducation permanente, réflexif et critique. Au départ des travaux de Boltanski, il précise le rôle des institutions publiques : définir ce qu'est la réalité (les besoins d'un secteur, par exemple), et confirmer la réalité de la réalité lorsqu'un doute s'installe (par exemple, vérifier que des procédures établies ont bien été respectées).

Les appels à projet ne sont pas seulement une « épreuve » grâce à laquelle les institutions peuvent justifier des choix, des valorisations ou des refus et des sanctions ; il s'agit aussi d'une manière d'instituer une réalité (de distribuer des rôles, de reconnaître ou non une contribution, de construire un type de développement), et ce en s'appuyant sur une « créature », c'est-à-dire une invention de laboratoire qui influe sur le cours des choses. Dès lors, Jean Blairon s'attache à répondre à deux questions : - Quels effets la créature « appel à projet » produit-elle dans la vie des associations ? - Plus largement, quel rôle joue désormais cette créature dans l'institution de la réalité associative ?

10.- Analyse
L'action sociale dans le débat télévisé Mise au point - Un appel à rejet ou un acte d'éducation permanente ?

Par Jean Blairon, Jérôme Petit, Jacqueline Fastrès et Caroline Garzón
Diffusion via la newsletter de juin intitulée « Appels à projet, appels à rejet ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


La dramatique affaire d'Erezée, où quatre enfants ont subi des maltraitances répétées de la part de leurs parents et d'un oncle durant plus de 10 ans, a donné lieu, à l'occasion du procès en correctionnelle, à beaucoup d'indignation et d'émotion. Alors que l'affaire était mise en délibéré et avant le prononcé des peines, les médias se sont emparés de l'affaire. Les deux grandes émissions dominicales de débat (Mise au point sur la RTBF et Controverse sur RTL-TVI) leur ont consacré leur antenne respective du 2 juin 2013, avec un panel d'invités sensiblement équivalent, et un même thème : comment est-il possible que de tels comportements aient pu durer 10 ans alors que des services sociaux suivaient cette famille ? Qu'ont-ils donc fait ? Avec, dans le chef des deux présentateurs, une réponse à peine subliminale : rien. Les invités ont donc, sur les deux plateaux, été sommés de s'expliquer, sans pouvoir guère expliquer.

Cette analyse se penche sur la manière dont le débat a été mené à Mise au point. La RTBF, télévision de service public, a une mission d'éducation permanente. Au travers de ce débat, les auteurs analysent les conditions d'un point de vue d'éducation permanente dans les médias, qui devrait se démarquer d'un point de vue de média privé, ainsi que les épreuves que doit ou devrait affronter un média qui se réfère à l'éducation permanente.

 


  



  Newsletter
  « Education   capitale »  

11.- Analyse
« Education capitale », un projet du Délégué général aux droits de l'enfant. Sens et enjeux

Par Jean Blairon
Diffusion via la newsletter d'octobre intitulée « Education capitale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


La polysémie de la formule choisie comme titre du projet interpelle : on peut y entendre à la fois le caractère essentiel de l'éducation (« l'éducation, c'est capital ») et une prise de distance, produite par la connotation « peine capitale » ( l'éducation s'apparente alors à une condamnation « où il s'agit de la tête ou de la vie » , comme l'énonce Littré).

Cette analyse met en avant le double sens du système éducatif et en examine les composantes :

  • une dimension d'investissement, elle même sujette à interprétations variables ;
  • une dimension de poids et d'éjection qui exerce un effet de destin sur les trajectoires et produit des inégalités.

A cela s'ajoutent les relations ambivalentes des autres acteurs de l'éducation à l'école, et la double contrainte qui frappe les institutions scolaires.

Ce processus de consultation vise donc à permettre l'expression du vécu des acteurs à propos du double sens du système et de ses effets paradoxaux.

12.- Analyse
L'« Ecole du Sujet », un repère structurant ?

Par Jean Blairon
Diffusion via la newsletter d'octobre intitulée « Education capitale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Comment le « double sens » du système éducatif peut-il échapper à la connexion paradoxale d'une logique impérative d'investissement et d'une logique de creusement des inégalités ?

Pour répondre à cette question, Jean Blairon s'appuie sur les travaux d'Alain Touraine, qui plaide pour la construction d'une « école du sujet » en lieu et place d'une « école du devoir » ; il tente ici ce que les sociologues de l'acteur-réseau comme Michel Callon appellent un « investissement de forme » : il s'agit somme toute de tenter de rendre saisissable la complexité en la formalisant.

Trois principes de refus et trois visées pour une école du Sujet sont ainsi identifiés et développés, ainsi que les changements à l'état pratique qu'ils impliquent.

13.- Analyse
Une nouvelle transversalité négative dans l'école « modernisée »

Par Jean Blairon
Diffusion via la newsletter d'octobre intitulée « Education capitale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.

 
Aujourd'hui, la transversalité négative ne passe plus par les mêmes canaux. Le thème du projet en est désormais le fer de lance, avec des conséquences trop peu aperçues : il s'agit in fine de produire les conditions d'un appui à la société chez ceux que celle-ci n'appuiera pas. Le « bougisme », par exemple via les activités extra-scolaires et les voyages en tout genre, vendu comme un moyen de stimuler le désir d'apprendre, se révèle une fort efficace préparation à une domination qui a su se transformer et s'avancer masquée.

 

 

 

 

 

   Newsletter
           « Emprise et politique »

14.- Analyse
Prévention en AMO et droits culturels : quelles articulations ?

Par Jacqueline Fastrès
Analyse à la demande de deux AMO de la province de Luxembourg, à l'occasion de la célébration de leurs dix ans.
Diffusion via la newsletter de novembre intitulée « Emprise et politique ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


La célébration des dix ans de ces AMO a été l'occasion de revenir sur les fondamentaux du travail des AMO en matière de prévention, et sur les nouveaux défis qu'elles sont amenées à relever.

Le point de vue envisagé par les organisateurs était les éventuels écarts qui se creusent de nos jours entre les jeunes, la société et les AMO. Nous isolons donc ici quelques questions critiques (au sens étymologique du terme) que les AMO peuvent faire leurs pour se déterminer en tant que service face à ces défis, en restant fidèles à leurs engagements.

15.- Analyse
Diagnostic social en AMO : un changement de cap qui ne dit pas son nom ?

Par Jean Blairon, Isabelle Dubois, Jacqueline Fastrès, Caroline Garzón, Jerôme Petit et Laurence Watillon
Diffusion via la newsletter de novembre intitulée « Emprise et politique ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Dans une analyse précédente, nous nous interrogions sur la curieuse vogue qui conduisait à imposer à tous les acteurs sociaux et culturels de procéder à des « diagnostics » territoriaux pour fonder leurs actions.

Nous voudrions ici réaliser une étude de cas : l'exigence de diagnostic social qui concerne les services d'Aide en Milieu Ouvert (AMO) et qui a fait l'objet d'une récente circulaire qui impose un timing et un modèle de présentation du diagnostic, et « suggère » un processus.

Notre analyse porte sur les zones de choix qui s'ouvrent aux acteurs dans la mise en oeuvre de l'attitude diagnostique et sur l'étude des conséquences de ces choix sur l'identité même du travail qui est le leur.

16.- Analyse
« En haut et en bas » bis. Positions sociales et emprise sur l'Etat

Par Jean Blairon
Diffusion via la newsletter de novembre intitulée « Emprise et politique ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Il y a un peu plus d'un an, nous publiions une analyse intitulée « En haut et en bas » Emprise de l'Etat et positions sociales. Nous y énoncions, exemples à l'appui, que l'on pouvait être frappé des différentiels de logiques et de raisonnements qui guident ou doivent guider l'action de la puissance publique en matière de redistribution des richesses et de régulation des rapports sociaux.

L'actualité toute récente nous apporte des exemples frappants qui nous conduisent à étendre notre thèse à l'emprise qu'exercent sur l'Etat certains agents : extrême dans certains cas, nulle dans d'autres, selon, une fois encore, que l'on se situe « en haut ou en bas » de la société.
Nous analysons ici l'écho de la demande d'Albert II d'obtenir de l'Etat plus de moyens qu'il ne lui en a été octroyé lors de son abdication, et l'attitude de Didier Bellens, patron de Belgacom, par rapport à son actionnaire majoritaire, l'Etat.

 

 Newsletter        

« Figures et figurations   
de la cohésion sociale »   


17.- Analyse
Désaffiliation et exclusion sociale : l'écrivain public au cœur du social

Par Jacqueline Fastrès
Analyse à la demande de PAC ; il s'agit ici de la synthèse les lignes de force de l'évaluation, confiée à RTA, d'une formation « écrivains publics », gérée par PAC depuis la fin des années 90.
Diffusion via la newsletter de novembre intitulée « Figures et figurations de la cohésion sociale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Des services utilisateurs du travail des écrivains publics et des écrivains publics eux-mêmes ont été interrogés à l'occasion de cette évaluation.

A l'évidence, le travail des écrivains publics s'inscrit dans une lutte contre la désaffiliation, telle que Robert Castel la définissait. En termes d'enjeux, cela implique que cette lutte devrait :

  • être pensée, à l'instar de la désaffiliation elle-même, comme un processus dynamique plutôt que comme une rupture d'état ;
  • permettre aux bénéficiaires de garder la main sur leur existence ;
  • favoriser les collectifs.
18.- Analyse
Ecrivains publics : quelle complémentarité entre action culturelle et insertion sociale ?

Par Jean Blairon
Analyse à la demande de PAC, cherchant à étudier les complémentarités entre action culturelle et insertion sociale au travers du travail des écrivains publics.
Diffusion via la newsletter de novembre intitulée « Figures et figurations de la cohésion sociale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


La tendance à dissocier de plus en plus, au nom de la rationalité, l'action culturelle et l'insertion sociale, a conduit à bien des divorces dans des « couples » autrefois féconds : divorce entre éducation permanente et politiques d'intégration et d'insertion (au sens de Castel), divorce entre insertion et intégration, également. C'est pourquoi cette demande, d'étudier les complémentarités entre action culturelle et insertion sociale au travers du travail des écrivains publics, s'inscrit-elle à contre-courant.

Pour aborder son propos, Jean Blaison s'inspire de la figure de l'écrivain public décrite par Crommelynck dans sa pièce Le cocu magnifique. La forme d'auto-tromperie dans laquelle s'enfonce cet écrivain public éclaire en effet les défis que rencontre ce métier : ne pas négliger la dimension collective de l'action au profit des « petites affaires privées » ; ne pas laisser l'action culturelle se vouer à l'emprise de l'aveuglement politique.

19.- Analyse
Le métier d'« expert du vécu ». Apports, limites et conditions

Par Jean Blairon
Diffusion via la newsletter de novembre intitulée « Figures et figurations de la cohésion sociale ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP) a organisé en juin 2013 une rencontre avec l'asbl flamande « De link » qui dispense une formation de quatre ans permettant à des personnes qui ont vécu la grande pauvreté de devenir « expert du vécu » et d'être engagées professionnellement dans des administrations ou des associations pour y exercer des fonctions relatives au contact avec les populations très précarisées.
Le terme « experts du vécu », qui fait l'impasse sur la question « le vécu de quoi ? », nous semble déjà révélateur d'un « flottement » à propos de la pertinence de ce « métier », puisque ce qui fonde l'expertise n'est nommé qu'elliptiquement, par une sorte d'euphémisation très répandue dans la société.

Ce qui nous amène à tenter une lecture du problème social concerné, à la suite de Robert Castel et d'Erving Goffman, en termes de désaffiliation et de stigmatisation. Le pari qui est alors fait par de Link est que des personnes qui ont connu ces situations peuvent être d'un apport incontournable pour les métiers du social. Mais cela n'est pas sans ambiguïtés. Gare, notamment, à la stigmatisation positive. Le type de formation délivrée, les fonctions attribuées à ces personnes, les conditions de réussite de ces fonctions, leurs enjeux, autant de points sensibles qu'il convient de réfléchir.

20.- Analyse
Une cohésion sociale politiquement correcte 

Par Jacqueline Fastrès et Jean Blairon
Analyse à la demande du CBAI pour son Agenda interculturel consacré aux « hypocrisies langagières » se posant la question suivante : « Politiquement correct et société multiculturelle : quels rapports ? ».
Diffusion via la newsletter de novembre intitulée « Figures et figurations de la cohésion sociale ».
Paru dans l'Agenda interculturel n° 316, oct 2013.


Nous avons été sollicités à propos de la « correction politique » de la question de la cohésion sociale.

A la suite de Bourdieu, nous estimons que le politiquement correct correspond à une forme de « responsabilité » définie unilatéralement par ceux qui entretiennent (les responsables politiques) et relaient (les médias) le point de vue dominant. Le politiquement correct est toujours situationnel ; y déroger serait, selon les besoins du moment, nuire gravement au bien commun par pure irresponsabilité, ou au contraire, stimuler une salutaire réflexion.
Le thème de la cohésion sociale n'échappe pas à cette « règle ». Dans la définition même de ses objectifs, bien entendu. Mais aussi, peut-être, dans la forme même de l'expression. Nous tentons ici l'exercice avec une forme d'expression qui a connu son heure de gloire et peut sembler aujourd'hui désuète, celle de l'allégorie picturale ; nous nous inspirons pour l'occasion d'un chef-d'œuvre du XIVème siècle, tout entier voué à un appel à la cohésion sociale, que nous tentons de transposer à notre époque capitaliste.

 


     

 

 

Newsletter  
« Vers une hégémonie des Créatures ? »  

  

21.- Analyse
L'usage social des théories : l'exemple des droits culturels

Par Jean Blairon et Jacqueline Fastrès
Diffusion via la newsletter de décembre intitulée « Vers une hégémonie des Créatures ? ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


La théorie des « droits culturels » produite par le « groupe de Fribourg » constitue ce que les sociologues de l'acteur réseau appellent une « créatures ». Elle est très présente en Fédération Wallonie-Bruxelles ; par exemple, lors de la troisième journée de l'éducation permanente, le 18 novembre 2013, Patrice Meyer-Bisch, qui anime le groupe de Fribourg, a-t-il fait un exposé sur le thème. Nous souhaitons attirer l'attention sur les effets possibles de l'insertion - et donc, à terme, de l'usage social - de cette créature, dont certaines caractéristiques nous portent à croire qu'elle pourrait mener, même involontairement, à une régression de plus.

22.- Analyse
Un appel à projet de la Secrétaire d'Etat à l'Intégration sociale et à la Lutte contre la Pauvreté. Lecture critique

Par Jean Blairon, Isabelle Dubois et Laurence Watillon
Diffusion via la newsletter de décembre intitulée « Vers une hégémonie des Créatures ? ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


La Secrétaire d'Etat à l'Intégration sociale et à la Lutte contre la Pauvreté vient de prendre l'initiative de lancer un appel à projets intitulé « Les enfants d'abord : plateformes de concertation locales pour la prévention et la détection de la pauvreté infantile ».
Nous avons, dans une autre analyse, réalisé une analyse institutionnelle de la « réalité » des appels à projets à répétition, en attirant l'attention sur les effets de ce qui n'est, une fois encore, qu'une « créature ». Cette nouvelle initiative de la Secrétaire d'Etat ne laisse pas, elle non plus, d'inquiéter.
Que cela risque d'être une tranche de lasagne institutionnelle supplémentaire, cela ne fait guère de doute. Mais par-delà ce constat, n'y a-t-il pas un risque de déplacements d'autant plus inquiétants qu'ils sont peu apparents ?

23.- Analyse
Deux manifestations discrètes et une priorisation douteuse

Par Jean Blairon, Isabelle Dubois et Laurence Watillon
Diffusion via la newsletter de décembre intitulée « Vers une hégémonie des Créatures ? ».
Lire l'analyse en ligne sur Intermag.


Les 5 et 6 décembre derniers, nous avons assisté à deux manifestations d'agents des services publics très différents, certes, mais habituellement tous deux très discrets : les fonctionnaires fédéraux du Ministère des Finances et les personnels des Services de l'aide à la jeunesse (SAJ) et des Services de protection judiciaire (SPJ) de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le 6 décembre, la RTBF, dans son JT de 19h30, « rendait hommage » à Nelson Mandela, décédé la veille, en lui consacrant un « unique titre », non sans le court-circuiter d'abord par l'annonce du tirage au sort de la coupe du monde de football.
Ces trois événements se rejoignent dans une réflexion sur les enjeux de la lutte pour les droits du Sujet.

 

 

 


Analyses 2013 - parution tardive 

24.- Analyse
Souffrance au travail dans la fonction publique ?

Par Jean Blairon
Analyse à la demande de PAC, à l'occasion d'un de ses Cahiers de l'éducation permanente conscré à la « Crise du travail, crise dans le travail ».
Parue dans Les Cahiers de l'éducation permanente, n° 42, « Crise du travail, crise dans le travail. Chômeurs et travailleurs dans la même galère ».
Accéder au sommaire de la revue ou la commander sur le site du PAC.


Jean Blairon a été sollicité pour aborder la souffrance au travail dans la fonction publique. On sait les stéréotypes grossiers dont les fonctionnaires sont victimes, et la déconsidération systématique dont les services publics font l'objet dans les déclarations politiques. Il convient de prendre la mesure des faits de structure dont ces phénomènes constituent la manifestation et de comprendre la réalité du vécu des agents en référence à ces faits structurels. Tout d'abord, le « retournement » trop longtemps inaperçu des révoltes culturelles et sociales des années soixante pour servir les causes qu'elles entendaient combattre a permis l'installation d'une approche managériale de la société. Ensuite, l'introduction massive de porte-à-faux par les adeptes de cette approche déstabilisent les agents et légitiment la poursuite de la Crise du « changement ». Les éléments de l'ordre du discours (malheureusement aveuglant pour beaucoup) sont à l'opposé des éléments de l'ordre des faits, permettant une domination majeure subie par les agents « d'en bas ».

25.- Analyse
Education permanente et ancrage dans le champ politique : une analyse institutionnelle

Par Jean Blairon
Analyse à la demande de Peuple et Culture, à l'occasion du colloque intitulé « Education permanente – Parcours d'intégration et/ou chemins d'émancipation ? » ; ce texte constitue la retranscription de l'intervention de Jean Blairon.
Parue sur le site de Peuple et Culture ("Evènements->colloques et universités->colloque 2013").


La réflexion à laquelle invite Peuple et Culture est structurée à partir d'une controverse qui oppose deux conceptions de l'éducation permanente : elle ressortirait à la formation professionnelle ou elle obéirait à une logique émancipatrice ; ce faisant, la controverse dispose aussi des logiques relationnelles : d'un côté, nous trouverions un risque d'annexion/instrumentalisation ; de l'autre, se réaffirmerait une indépendance critique.
Une des composantes de cette controverse est le rapport au champ bureaucratique, tel que l'entend Pierre Bourdieu. Ce champ concerne la manière dont l'Etat, en exerçant ses prérogatives de pouvoir, institue la réalité.
La controverse n'est pas neuve, mais il faut tenir compte de l'emprise grandissante de ce que Bourdieu nomme les « démolisseurs » du service public. Quels espaces de pouvoir l'éducation permanente entend-elle occuper ? Quel ancrage bureaucratique faut-il dès lors y associer ? Jean Blairon aborde ces questions au départ du champ du travail, avec les évolutions qu'il connaît et notamment l'importance grandissante du capital culturel.

26.- Analyse
Les droits culturels - une approche sociologique

Par Jean Blairon
Anayse à la demande de PAC, pour sa revue trimestrielle Agir par la culture.
Lire l'analyse sur le site de la revue Agir par la culture, n° 35 octobre 2013.


Alain Touraine considère les droits culturels comme ayant une place centrale dans la production de la société. « Le droit d'être soi, le droit d'avoir des droits », selon ses termes, suppose une traduction en droits politiques ayant une portée universelle, et pas seulement individuelle.
Des exemples glanés dans le monde du travail montrent que la question des « droits culturels » touche autant les groupes que les individus, ne se limite pas à des questions touchant les « styles de vie », concerne aussi au premier chef les mouvements sociaux, dont le rôle sera déterminant en la matière.

27.- Analyse
Partenariats et transversalité, le danger des fausses évidences

Par Jean Blairon
Analyse à la demande de la Fédération des maisons de jeunes pour son trimestriel L'antre'Toise. 
Parue dans L'antre'Toise, n°110 oct-nov-déc 2013, intitulé « Partenariats et transversalité : la panacée ou ingrédients à bien doser ? » pp. 22-25.
Lire l'analyse en ligne.


Cette analyse propose une réflexion sur les « retournements » qui menacent les thèmes de la transversalité et des partenariats. Détournement des missions (avec la transversalité négative dénoncée déjà par René Lourau dans les années 60), désarmement de la critique du capitalisme par retournement, contre elle-même, de ses propres arguments au profit dudit capitalisme, retournement des agents qui peuvent promouvoir, sans le vouloir, des orientations et des intérêts inverses de ceux qu'ils poursuivent, autant de menaces que l'évidence imposée de la nécessité du travail en réseau fait peser. Comment dès lors fournir des manières de penser, de dire et de faire qui seraient irréductibles à la « grammaire générale du projet et de l'activité » ? Jean Blairon en propose une version.

28.- Analyse
Associations : rencontres pour un contre-pouvoir critique
Titre original : Quelle est l'importance du tissu associatif dans l'exercice de la citoyenneté ?

Par Jean Blairon
Analyse à la demande du CAL, pour son magazine mensuel Espace de liberté.
L'analyse changera de nom lors de sa publication dans Espace de libertés en janvier 2014, n°425 pp 14 à 17.
pour plus d'informations, consulter le site www.laicite.be.


Pour répondre à cette question, nous pourrions dire que c'est la relation entre associations, mouvements de résistance et de lutte culturelle et médias qui aurait la capacité (et donc pourrait revendiquer la prérogative) de « faire pénétrer les demandes sociales dans le champ politique », ce qui aurait comme utilité de reconstruire une démocratie qui n'a que trop tendance à fonctionner comme un « marché politique »

Dans cette voie, on est conduit à explorer trois questions :

  • le terme « tissu » convient-il dans ce contexte ? ;
  • en quoi le champ politique est-il éventuellement trop peu ouvert aux demandes sociales et comment les associations peuvent-elles pallier cette insuffisance ? ;
  • pourquoi la démocratie a-t-elle besoin d'être reconstruite ?
29.- Analyse
Démocratie et résistance : une lutte cognitive

Par Jean Blairon
Il s'agit de la transcription d'une intervention dans un séminaire organisé par le CEPAG et qui devait avoir lieu en novembre 2013 ; pour des raisons organisationnelles, le séminaire a été reporté le 25 avril 2014.
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Pour articuler ce couple de concepts (démocratie/résistance), les acteurs peuvent prendre des argumentaires opposés. En prêtant aux syndicats, par exemple, soit le rôle de résistance à ce qui menace la démocratie, soit le rôle de résistance à...la démocratie elle-même, entendue comme libérale. On pourrait voir dans ce type de situation un nouveau mode d'exercice du pouvoir, celui qui passe par la sensure, concept forgé par Bernard Noël, qui le définit par la privation de sens (et non pas seulement de parole).
Des inversions de tous les mots sont alors possibles : les conquêtes sociales deviennent des archaïsmes, le Progrès, un obstacle, etc. En matière de résistance, nous sommes donc contraints de trouver des « modes d'enchaînement » où il s'agit de prévoir le retournement de la parole en privation de sens (ce qui est bien plus exigeant que d'exprimer des convictions ou d'afficher des prises de position). Jean Blairon en donne deux exemples. Il pointe ensuite trois manières « cognitives » de saper les fondements d'une résistance possible (et de faire en sorte que le gouvernement ne travaille pas dans l'intérêt de tous, qu'il soit l'expression d'une minorité dont le point de vue s'impose comme majoritaire). Et s'interroge enfin sur les possibilités d'inverser ces mécanismes.

30.- Analyse
Sens et enjeu de la mixité dans l'institution scolaire

Par Jean Blairon
Il s'agit de la retranscription d'une intervention lors de la journée d'échange du 5 décembre 2013 organisée par le CAL Liège.
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Pour réfléchir en termes de sens et d'enjeu, il convient d'abord de se départir de « l'école que l'on a dans la tête », c'est-à-dire des effets que l'institution scolaire a produits en nous ; c'est en effet souvent à partir d'eux que l'on réfléchit à l'école. Pour prendre distance par rapport à ce biais analytique, le recours à une matrice théorique extérieure peut être intéressante.
Jean Blairon a adopté celle des « quatre sources de la critique » définies par Luc Boltanski et Eve Chiapello.
Il relie ainsi l'enjeu de la mixité à l'école à une critique sociale exprimée au nom de l'égalité, puis d'une à une critique menée au nom de l'authenticité.
Il argumente en troisième lieu qu'un retournement de la critique formulée en terme de liberté produit aujourd'hui une nouvelle transversalité négative, adversaire de la mixité, pour se demander si ce n'est pas le retour d'une critique appuyée sur la solidarité qui serait le plus prometteur.

31.- Analyse
L'action collective aujourd'hui

Par Jean Blairon
Il s'agit de la retranscription d'une intervention de Jean Blairon lors d'une rencontre organisée par la Maison pour Associations de Charleroi, en collaboration avec le CIEP et PAC, le 4 décembre 2013.
Lire l'analyse en ligne.


Jean Blairon interroge d'abord le titre de la rencontre, qui manifeste une hésitation entre le volontarisme et le doute. Trois espaces de questionnement peuvent alors être explorés.

  • Quelle est l'identité de l'action collective ?
  • Son bien-fondé : est-ce que c'est une modalité d'action qui peut obtenir un changement ?
  • Sa pertinence : n'y a-t-il pas des facteurs de blocage dans l'action collective qui font qu'elle puisse à ce point faire long feu ?

2.- Etude
Qu'ont à nous apprendre les « NEETs » ?

Par Jean Blairon, Isabelle Dubois, Jacqueline Fastrès, Caroline Garzón, Jérôme Petit et Laurence Watillon
A lire sur le site de l'OEJAJ (rubrique Mieux connaître les enfants et les jeunes).


L'OEJAJ a initié la réalisation d'une enquête qualitative sur la situation de personnes jeunes (18 à 30 ans) cartographiées comme « NEET », soit des personnes décrites comme ne se trouvant ni à l'emploi, ni dans une filière d'enseignement, ni en formation socio-professionnelle (« not in Employment, Education or Training »). RTA a mené cette recherche auprès de 31 jeunes. L'idée centrale consistait à considérer que ces personnes pouvaient mobiliser une attitude réflexive sur leur situation et leur trajectoire et que cette analyse pouvait mettre à jour des éléments du « flux de la vie » non pris en compte par la réalité telle qu'elle est instituée, notamment par les marchés du travail, de l'enseignement et de la formation – mais aussi du logement- et par les politiques qui contribuent à les produire.

Les références de l'équipe de recherche, telles qu'elles ont été avancées explicitement dans notre candidature, se sont articulées autour de la sociologie critique de Pierre Bourdieu, dont l'immense somme publiée sous le titre La Misère du Monde fournit une « matrice tutélaire irrécusable » pour ce genre de recherche, tant sur le fond du travail que sur sa forme.

L'étude s'articule autour de 4 grands chapitres.

  • Comment les personnes interrogées qualifient-elles leur situation ?
  • Une lecture en termes de droits du sujet
  • Des facteurs aggravants
  • Le poids des structures et des politiques structurelles

32.- Analyse
L'évaluation des politiques publiques - Un point de vue progressiste est-il (encore) possible en la matière ?

Par Jean Blairon
Analyse parue sur le site de « Les Citoyens engagés »  sous le titre « Evaluer les politiques publiques : pour un meilleur pilotage ou entrave à l'action ? » : www.citoyensengages.be/Questions/Evaluer-les-politiques-publiques-pour-un-meill-%281%29/Contexte.aspx?ThID=32.


En avril 2013, le Parti socialiste et l’Institut Emile Vandervelde lançent « Les Citoyens engagés »,  une opération de réflexion collective en vue des élections de 2014.  Au total, plus de 120 questions, réunies dans un site internet et portant sur des enjeux actuels de société, sont soumises à un large débat : de la régulation financière à l’accès au logement, de la mixité dans l’enseignement à la mobilité en ville, du financement de la sécurité sociale à l’encadrement du crédit à la consommation, du soutien à la création d’emplois aux combats féministes du 21e siècle, de l’avenir des services publics au militantisme politique… Les contributeurs à une question donnée ont été sollicités en raison de leur expertise sur le sujet. Jean Blairon a été invité à lancer le débat sur l'évaluation des politiques publiques.

La « modernité » semble, aux yeux d'une « majorité » (en fait d'une majorité de techniciens à qui la majorité des politiques n'a que trop tendance à confier le sort de tous), tenir à l'introduction d'une rationalité « neutre » dans la conduite de l'action publique.

Jean Blairon adopte le raisonnement de Pierre Bourdieu, pour qui cette rationalité « neutre » constitue en fait une « politique dépolitisée » (une politique qui ne dit pas son nom), au service des dominants. Pour lui, le point de vue progressiste en l'occurrence ne consiste pas à proposer des  « méthodes » plutôt que d'autres ; il consiste d'abord à considérer celles-ci (et particulièrement les plus « rationnelles » - ou prétendues telles : cadre logique, analyse des risques, « culture des résultats »...) comme des idées produites (souvent par une domination subie) et productrices (souvent d'une domination accrue).