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L’interfédé des EFT et OISP a souhaité consacrer un numéro de sa revue, L’essor de l’interfédé, à la question de l’évaluation des stagiaires. Jean Blairon, sollicité dans ce cadre, a choisi de lire la thématique par la lorgnette de l’analyse institutionnelle.

Dans le domaine de la formation continuée d’adulte dans le secteur associatif, comme dans bien d’autres champs, il est des « analyseurs » qui permettent de jauger les conflits et les rapports de pouvoir qui s’y jouent. La thématique de l’évaluation est un de ces analyseurs, et elle nous renseigne sur un certain nombre de régressions vécues par le secteur dans la manière dont il est jugé pour ce qu’il fait.

La première de ces régressions est de confondre (et pas par hasard) contrôle et évaluation, camouflant le premier sous le vocable plus fréquentable du second.

Ce premier biais engendre une régression théorique (on « évalue » - entendre on calcule - des résultats de mise à l’emploi des stagiaires qui n’a pas de cohérence par rapport aux statistiques d’emplois disponibles).

Viennent ensuite une régression symbolique  (tout est fait comme si les associations étaient nulles en matière d’évaluation), uns régression politique (un découpage et une atomisation du travail en compétences) et enfin une régression sociale (faisant passer tout le monde par des « seuils » qui ferment bien plus de portes qu’ils n’en ouvrent).

Parue dans la revue trimestrielle du secteur de l'insertion socioprofessionnelle L’essor de l’Interfédé n° 54, "Dossier. Pratiques d'évaluation des stagiaires", décembre 2010, pp. 9-11.

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