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Nous avons vu que les associations pouvaient être considérées désormais comme des cibles, des objets de stratégie, voire des terrains d’exercice ou des territoires à conquérir par la culture managériale, elle-même porteuse d’une vision très située du développement et du gouvernement de la société.

Le bilan critique qui est dressé de cette imposition culturelle implique toutefois que nous fassions porter (que nous « retournions ») sur nous-mêmes le recul réflexif qui nous conduit à l’interroger , puisqu’on peut considérer qu’un certain nombre des composantes de cette nouvelle forme de pouvoir ont été produites par les luttes sociales et culturelles mêmes que les associations ont pu mener.

Jean-Pierre Le Goff désigne cette réalité comme les effets d’une part de l’héritage de mai 68, part qu’il considère comme impossible à assumer.

Le mouvement culturel et social de mai peut de fait être vu comme la manifestation d’une série d’action et de luttes ; Félix Guattari les désignait comme « moléculaires », en les opposant aux stratégies plus globales et hiérarchisées, comme celles des syndicats et du PCF, qualifiées par opposition de « molaires ».

Il est utile de rappeler que les associations ont pris une part considérable dans les actions du mouvement de mai ; les luttes culturelles et sociales des années soixante n’ont pas en effet été seulement le fait des universités et des usines, mais elle sont été aussi menées dans le champ de la santé mentale, de l’aide sociale, des médias.

On peut ainsi poser que le « courant institutionnaliste » (psychothérapie institutionnelle, pédagogie institutionnelle, analyse institutionnelle) a été un des représentants et inspirateurs importants de ces influences.

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