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« En haut et en bas » - Emprise de l'Etat et positions sociales

Février 2012, par Jean Blairon

Qu'est-ce qui relie une opération « Hiver 2012 » de la RTBF, un article du soir sur les « chômeurs fraudeurs » et une interview d'Alexander De Croo à Matin Première ?

Ces trois produits médiatiques sont des balises d'une lutte d'opinion qui jalonnent le périmètre d'une réalité sociale à deux vitesses.

  • En bas de la société, une individualisation des épreuves pour les plus démunis qui doivent faire la preuve qu'ils sont « méritants », mais une désindividualisation de la couverture sociale, même pour ceux qui ont été « méritants », par exemple quand on est chômeur en ménage – donc fraudeurs en puissance.

  • En haut, par contre, une désindividualisation de l'action couverte par l'anonymat des « marchés », mais une protection individuelle des profits.

Jean Blairon examine les logiques d'actions différentielles suivies par l'Etat dans l'exercice de ses responsabilités et dénonce les redoutables dominations culturelles qui s'ensuivent.


« En haut et en bas » bis - Positions sociales et emprise sur l'Etat

Novembre 2013, par Jean Blairon
L'actualité toute récente nous apporte des exemples frappants qui nous conduisent à étendre notre thèse à l'emprise qu'exercent sur l'Etat certains agents : extrême dans certains cas, nulle dans d'autres, selon, une fois encore, que l'on se situe « en haut ou en bas » de la société. Nous analysons ici l'écho de la demande d'Albert II d'obtenir de l'Etat plus de moyens qu'il ne lui en a été octroyé lors de son abdication, et l'attitude de Didier Bellens, patron de Belgacom, par rapport à son actionnaire majoritaire, l'Etat.

« En haut et en bas » ter - Un Etat en prise avec la domination

Février 2016, par Jean Blairon et Jacqueline Fastrès

L'actualité constituée par le projet de réforme des pensions porté par le gouvernement fédéral nous conduit à proposer une troisième démonstration en matière d'asymétrie liée aux positions sociales ; celle-ci concerne l'assurance et la solidarité auxquelles l'appartenance à une commune société permet de donner accès. La Réforme, en effet, favorisera clairement ceux qui, « en haut », bénéficient d'une situation « garantie » en termes d'emploi par exemple, au détriment direct de ceux qui, « en bas », doivent affronter des processus de désaffiliation.


Contre l'enrichissement assisté

Juin 2012, par Christine Mahy
En février 2012, nous avions publié « En haut et en bas » - Emprise de l'Etat et positions sociales. Dans cette analyse nous dénoncions notamment, à propos de la campagne "hiver 2012" de la RTBF, "l'appauvrissement du sens de ce qu'est l'appauvrisement". Nous mettions en lumière un traitement diamétralement opposé des personnes selon leur position sociale : pour les pauvres, individualisation des responsabilités et des épreuves (il faut prouver qu'on "mérite" son aide sociale), et désindividualisation des droits (en couple, on voit son chômage fondre). Pour les riches, désindividualisation des responsabilités et des actions (anonymat protecteur) et protection individuelle des profits (mécanismes qui permettent d'éluder l'impôt). Nous avons souligné le rôle de l'Etat dans cette situation.

Nous souhaitons relayer ici un texte de Christine Mahy, secrétaire générale du RWLP (Réseau wallon de lutte contre la pauvreté), texte qu'elle a proposé comme "carte blanche" à plusieurs quotidiens... en vain. Elle y illustre magistralement la conséquence de "l'appauvrissement du sens de ce qu'est l'appauvrissement" : le masquage - et l'acceptation "résignée" - d'un enrichissement assisté. Assisté par l'appauvrissement programmé. Elle en appelle à solidariser les intelligences pour faire démocratie, c'est-à-dire repolitiser.


La polémique autour de la Fondation de la Reine Fabiola Une perspective trop étroite?

Janvier 2013, par Jean Blairon
Une fondation pour tenter d'éviter de contribuer à  la redistribution des richesses? Le projet de la Reine Fabiola a fait grand bruit. La Belgique est choquée;  le gouvernement se penche sur la question des dotations royales;  les spécialistes y vont de leurs commentaires, les uns arguant de la légalité du projet, les autres de son illégitimité et du devoir d'exemplarité de la famille royale.

Il nous semble quant à nous, si on veut opérer un recul réflexif sur la question, que cette polémique illustre parfaitement le nouveau rapport à la règle de la classe dominante dans son ensemble, rapport très asymétrique en regard de la situation des personnes qu'on a décidé d'"activer".

 

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