La dramatique affaire d'Erezée, où 4 enfants ont subi des maltraitances répétées de la part de leurs parents et d'un oncle durant plus de 10 ans, a donné lieu, à l'occasion du procès en correctionnelle, à beaucoup d'indignation et d'émotion. Alors que l'affaire était mise en délibéré et avant le prononcé des peines, les médias se sont emparés de l'affaire. Les deux grandes émissions dominicales de débat (Mise au point sur la RTBF et Controverse sur RTL-TVI) leur ont consacré leur antenne respective du 2 juin 2013, avec un panel d'invités sensiblement équivalent, et un même thème : comment est-il possible que de tels comportements aient pu durer 10 ans alors que des services sociaux suivaient cette famille? Qu'ont-ils donc fait? Avec, dans le chef des deux présentateurs, une réponse à peine subliminale : rien. Les invités ont donc, sur les deux plateaux, été sommés de s'expliquer, sans pouvoir guère expliquer.
Licenciements massifs à Caterpillar, démission du ministre Vanackere, annonce et contre-annonce autour du « redressement » de la Wallonie face à la Flandre : trois occasions de communication très médiatisée autour de « crises » de natures diverses. Au départ de trois productions médiatiques sur ces sujets, Jean Blairon et Emile Servais proposent une analyse critique de l'obscénité de ces propos. Pour Marcuse, l'obscénité désigne plus l'impudence que l'impudeur ; mais dans le cas qui nous occupe, on est proche de l'idéologie du « tout au libertinage » cher à Sade, à cette différence près que le cœur de la question est économique et social et non sexuel.
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Le 27 février dernier, l'émission-phare du dimanche midi sur RTL TVi, « Controverse », traitait de « l'affaire Alicia », cette petite fille bruxelloise gravement maltraitée par un ami de sa mère à qui celle-ci l'avait confiée. Le SAJ (Service d'aide à la jeunesse) de Bruxelles suivait cette situation.
L'émission fustige d'emblée le SAJ « Etait-ce prévisible? Le SAJ a-t-il souffert de dysfonctionnements? ». Ce type de traitement médiatique est typiquement celui que nous regrettons parce qu'il provoque des dégâts considérables, non seulement en termes d'image (un service qui produit un énorme travail, discret mais efficace, est mis sur la sellette sans aucune preuve), mais aussi en termes sociétaux, puisqu'il induit, par une accumulation de sophismes, une doxa très préoccupante. Cette analyse déconstruit l'émission pour en montrer les mécanismes.
Le 3 mars 2011, le Délégué Général aux Droits de l'Enfant, en association avec RTA, a lancé « En ligne directe » (www.enlignedirecte.be), une banque d'images, de sons et de textes sur l'enfance et la jeunesse en Communauté française, disponible sur l'internet, à destination des professionnels des différents secteurs et institutions qui se préoccupent des jeunes, mais aussi à destination des médias. L'objectif est, dit Bernard De Vos, de faire entendre « une autre voix dans le débat citoyen et politique à propos des enfants et de la jeunesse » : la voix des jeunes eux-mêmes, mais aussi de tous les services concernés par ces bénéficiaires.
Cette analyse se penche sur les enjeux de cette initiative et les remet en perspective, en la reconnectant aux défis qui étaient ceux des radios libres dans les années 70.
Read more: « En ligne directe » : une autre voix contre le (b)uzzinage des subjectivités
Le PAC organisait en décembre 2010 un colloque sur le thème « Images et usages de la Pauvreté - Dans les champs médiatiques, politiques, sociaux et culturels ».
L’intervention de Jean Blairon montre que les contraintes du champ médiatique ne permettent pas la prise en compte des situations de pauvreté. Il développe un triple argumentaire.