L'emballement médiatique que l'on observe à propos de la radicalisation n'est pas sans effets sur le champ politique ; il produit un activisme contraint, sur fond de l'habituelle mise en cause de la maîtrise des responsables politiques : pourquoi ne l'ont-ils pas vue venir ? en font-ils assez ? assez vite ? assez fort ?
La pression est énorme pour les politiques, et en amont, pour les acteurs de terrain.
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Les SAS (services d'accrochage scolaire) sont des structures agréées à la fois par l'enseignement et par l'aide à la jeunesse pour aider des jeunes en décrochage à se reconnecter avec leur parcours scolaire.
Cette étude a été réalisée à la demande d'un SAS bruxellois, le Seuil, qui souhaitait, après quelques années de fonctionnement, récolter le point de vue d'anciens bénéficiaires sur leur passage au sein de leur structure. 14 jeunes ont accepté de retracer leur parcours avant, pendant et après le SAS.
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Par Jean Blairon (dir.), Orlando Alves, Khaled Boutaffala, Maurice Cornil, Marc De Koker, Bernard De Vos, Abdelillah Hamssi, Nathalie Lion, Paul Maurissen, Jean-Luc Nsengiyumva, Jérôme Petit, Didier Piron et Claude Prignon
Cette analyse est le fruit d'un séminaire placé sous le patronage du Délégué général aux droits de l'enfant et réunissant les divers acteurs éducatifs qui, à Bruxelles, concourent, chacun dans le cadre de ses missions, à la lutte contre le décrochage scolaire et au soutien à l'accrochage. Si ces acteurs (les surveillants éducateurs, les médiateurs, les agents des CPMS, les services d'aide en milieu ouvert du secteur de l'aide à la jeunesse et les services d'accrochage scolaire) partagent une unité d'action, et, partiellement, de lieu et de temps, la convergence entre eux reste cependant très souvent à construire. Le produit de cette analyse collective a pour visée, avec toute la modestie qu'une action expérimentale requiert, de contribuer au débat public sur cette problématique si importante.
De récentes mesures du gouvernement fédéral, entre autres, touchent ou envisagent de toucher à ce qui est considéré jusqu'ici comme l'âge consacrant l'entrée en majorité.
Le projet d'abaisser l'âge de la majorité sexuelle à 14 ans est un exemple ; il s'agit en réalité de faire en sorte que les actes sexuels entre mineurs de moins de seize ans cessent d'être punissables, alors qu'ils le sont aujourd'hui, même en cas de consentement mutuel : ils sont considérés comme attentat à la pudeur. Le fait de repousser jusqu'à 21 ans, pour tous les jeunes n'ayant pas obtenu le CESS, l'âge permettant l'octroi d'allocations d'attente est un autre exemple, qui va en sens inverse : la limite d'âge y est revue à la hausse depuis le 1er septembre 2015.
L'impression prévaut d'une agitation en tous sens des âges de référence.
On considère que les institutions sont des « êtres moraux » qui se placent au-dessus des intérêts en présence voire en conflit, prennent du recul par rapport aux passions et affects, arbitrent dans la diversité contradictoire des points de vue, décident en référence, le plus souvent, à des procédures qui garantissent le caractère équitable de la position qui est adoptée, du choix qui est opéré, etc.
Or, Luc Boltanski remarque que ces « êtres moraux » sont de fait composés d'êtres de chair, qui, même officiellement mandatés et autorisés, ne sont pas à l'abri du risque de se référer à leurs propres intérêts, références, voire d'être prisonniers de leurs propres passions.
Sur quoi s'appuyer pour mieux pouvoir « se placer au-dessus de la mêlée » ?
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