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Jean Blairon et Emile Servais se penchent sur un courant de fond qui tend à s'imposer dans la publicité d'entreprise et interroge l'obscénité de l'image et du message qui est donnée du public, obscénité qui finit par en devenir une violence symbolique aussi peu anecdotique qu'elle est insidieuse.

Dans une contribution précédente, nous avions rappelé qu’Herbert Marcuse, dans son analyse critique des sociétés avancées, soutenait que le contre-pouvoir devait recourir à des catégories morales, politiques et esthétiques nouvelles; parmi celles-ci, la catégorie de l’obscénité.

Marcuse ne désignait pas par là une « classe » conceptuelle qui aurait réuni des actes et comportements relevant de l’impudeur, mais bien ceux qui feraient preuve d’impudence : le général qui exhibe la médaille gagnée au Vietnam, le dignitaire de l’Eglise qui déclare la guerre nécessaire à la paix, l’abus de langage qui adultère la signification des mots au profit de l’ordre établi.

Quelque quarante ans plus tard, le moins que l’on puisse dire est que l’obscénité n’a pas diminué, bien au contraire: le discours des dominants pousse l’abus de langage jusqu’à se présenter comme un protagoniste capable d’entendre et de prendre en compte les revendications mêmes des dominés.

Nous allons en montrer deux exemples, touchant tant les luttes culturelles que les luttes sociales.

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