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Après une société (industrielle) d'exploitation des travailleurs et une société (post-industrielle) d'aliénation, séductrice et manipulatrice, connaissons-nous aujourd'hui une société (hyper-industrielle) de la désubjectivation, qui combinerait de manière indissociable exploitation et aliénation ?

On en constate en tout cas le poids dans le monde du travail, où l'exploitation accrue passe par une mobilisation plus contrainte des ressources subjectives (l'adhésion, l'engagement, la mobilisation, valeurs brandies par les managers qui ne les respectent pas eux-mêmes), et par une désubjectivation des individus et surtout des groupes, afin d'assurer une auto-exploitation.

La désubjectivation frappe aussi ceux qui sont privés d'emploi, à qui les politiques sociales dénient les ressources subjectives comme la recherche de l'utilité sociale, la créativité, la solidarité, tout en les contraignant à une activation unilatérale.

Mais l'engrenage de la désubjectivation entraîne aussi les travailleurs sociaux qui tentent d'aider les personnes : ils sont pris dans la double contrainte du contrôle et de l'aide.

Paru dans Espace de Liberté n° 430 - juin 2014 
Plus d'information sur le site dédié : http://www.laicite.be/eshop/espace_de_libertes

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