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Le 28 février 2013, la Fédération Wallonne des Assistants Sociaux de CPAS (Fewasc) organisait à Braine-le-Château, sous la présidence de Bernard Taymans, son 7ème Congrès. L'intitulé en était : Travail social performant au service de la dignité humaine en CPAS : Paradoxe entre les tendances managériales et la dignité humaine. Cette analyse est la retranscription de l'intervention de Jean Blairon lors de ce colloque.

Jean Blairon commence par préciser la notion de dignité en référence aux travaux d'A.Touraine sur le Sujet. Le droit d'être Sujet, pour Touraine, doit combiner (et non séparer, voire opposer) la participation à l'activité économique et l'exercice des droits culturels, ce qui suppose une interaction permanente avec les autres et avec l'environnement, ainsi que la conscience de la domination subie, domination qui peut être évidente ou plus subtile. L'autoritarisme, l'ignorance, l'isolement, l'assignation à une place non choisie, l'intégration forcée, sont ainsi des facettes de cette domination et des vecteurs puissants de désubjectivation. Les questions stratégiques que pose Jean Blairon sont dès lors liées à ces facettes précises et aux formes qu'elles peuvent prendre. Les travaux de E. Goffman sur les procédés développés par l'institution totale permettent de mettre en lumière comment ces procédés peuvent trouver à s'incarner et servir la désubjectivation. L'analyse en démontre la portée dans des exemples extrêmes (les camps d'extermination et le libertinage sadien), mais aussi dans des situations moins extrêmes, trop peu perçues et pas nécessairement volontaires, contre les usagers et contre les travailleurs des CPAS. En ce qui concerne ces derniers, c'est la pression du néo-management qui produit l'émergence de ces procédés. Jean Blairon évoque enfin quelques pistes de résistance.

 

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