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La dernière campagne de Child focus, invitant les jeunes qui sont supposés être abusés sexuellement et livrés à eux-mêmes à « chatter » avec les professionnels de la fondation, a suscité des réactions relayées par la presse. Notamment, la campagne a été critiquée par un collectif de signataires, et non des moindres, dans une carte blanche publiée par Le Soir dans son édition du 23 février « Child Focus ou le business de la peur ».

Nous voudrions quant à nous contribuer au débat à partir du point de vue suivant : la controverse qui touche à la manière de répondre aux souffrances vécues par les enfants abusés concerne aussi l'action de l'Etat, les postulats à partir desquels cette action est menée et les choix posés par les Exécutifs en la matière. En d'autres termes, ce qui se produit actuellement à Child Focus est le produit de 15 ans de peur initiée avec l'affaire Dutroux, sur fond de pression médiatique, de vitesse et d'absence de traduction politique. Si les conditions de la création de Child Focus posent question, la formule choisie pour apporter une « réponse » aux « dysfonctionnements » pointés à l'époque n'en posent pas moins. Et produit aujourd'hui d'autres dysfonctionnements, qui risquent de mener à la libération de la délation.

Cette analyse a été suivie de l'analyse d'une autre campagne de Child Focus ; elles se sont inscrites dans un questionnement politique des méthodes de communication de Child Focus qui ont suscité de nombreuses polémiques.

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